Un conflit familial tranché par la justice bordelaise
Les magistrats de la chambre civile du tribunal judiciaire de Bordeaux ont rendu un jugement clair dans une affaire familiale complexe. Ils ont donné raison à Jing Wang face à son père, Guoqing Wang, qui revendiquait la propriété d'une villa située au 86, rue de Chartrèze à Gradignan.
L'installation forcée et le début du litige
Guoqing Wang, un retraité chinois de 69 ans, est arrivé en France en janvier 2024 avec l'intention de s'installer dans cette villa. Convaincu d'en être le propriétaire légitime, il a fait appel à un serrurier pour pénétrer dans la demeure alors que les volets étaient clos et que personne ne répondait. Le déclenchement du système d'alarme a alerté les forces de l'ordre, qui sont intervenues sur place.
Face aux policiers, Guoqing Wang a affirmé être chez lui et avoir simplement perdu ses clés. Cependant, sa fille Jing Wang, qui séjournait au Luxembourg, a été alertée par le système de vidéosurveillance de son domicile. Stupéfaite, elle a découvert sur les images que l'intrus n'était autre que son propre père.
Un acte notarié sans ambiguïté
L'origine du litige remonte en réalité à une décennie plus tôt. Jing Wang a acquis cette magnifique demeure en son nom propre le 27 février 2014, comme en atteste l'acte authentique dressé devant notaire. Cet acte ne fait aucune mention de son père, établissant clairement sa qualité de propriétaire unique.
Malgré les appels de sa fille tentant de le raisonner, Guoqing Wang est resté persuadé d'être dans son bon droit. Furieux et se sentant trahi, il a engagé un long combat judiciaire contre Jing Wang, qui envisageait par ailleurs de vendre la maison.
Les arguments rejetés par la justice
Guoqing Wang a expliqué aux magistrats avoir visité ce bien immobilier lors d'un séjour à Bordeaux en 2013 et en avoir financé l'intégralité, pensant ainsi en être le légitime possesseur. Cependant, les juges ont été formels dans leur décision rendue le 24 février 2026.
Dans leur jugement, les magistrats de la première chambre civile ont écrit : « Les dons reçus de ses parents constitutifs de deniers propres lui ayant permis d'acquérir le bien de Gradignan ne sauraient priver Jing Wang de la qualité de propriétaire et encore moins établir la qualité de propriétaire de son père. » Ils ont conclu de manière sans appel : « Guoqing Wang ne verse au débat aucun élément probant permettant de remettre en cause le titre de propriété de sa fille. »
Un soulagement pour la propriétaire légitime
Me Henri-Michel Gata, avocat de Jing Wang, a déclaré sobrement : « Guoqing Wang a fait preuve d'un acharnement judiciaire. Ma cliente est aujourd'hui extrêmement soulagée d'une telle issue. » Après avoir tenté de s'installer par la force dans la villa au début de l'année 2024, Guoqing Wang est finalement retourné dans son pays au printemps de la même année.
Cette décision de justice met donc un terme provisoire à ce conflit familial douloureux, bien qu'elle puisse encore être frappée d'appel. L'affaire illustre l'importance des actes notariés dans l'établissement de la propriété immobilière et les conséquences des malentendus familiaux dans ce domaine sensible.



