Retour de la Fête de l'Humanité à Bègles après 35 ans d'absence
Fête de l'Humanité : retour à Bègles après 35 ans

Près de trente-cinq ans après son départ contraint de Bègles, la fête de l'Humanité revenait au parc de Mussonville, le dimanche 19 mai 2024. Lormont, Gradignan, Bassens, Mérignac, Villenave-d'Ornon, Bordeaux… Depuis les années 1920, la manifestation girondine a beaucoup voyagé.

« Bègles ne pourra recevoir cette année et dans les années à venir, la fête de l'Humanité. Il nous apparaît tout à fait légitime que les autres communes de la Gironde puissent accueillir à leur tour la manifestation que vous envisagez de mettre en place. » Clair et net. Repris dans l'édition de Sud Ouest du 17 mai 1990, cet extrait de la lettre recommandée du tout nouveau maire de Bègles, Noël Mamère, qui a ravi en mars 1989 la ville aux communistes, n'a pas engendré la joie dans les rangs du Parti communiste, qui avait prévu la fête de l'Huma les 2 et 3 juin suivant au parc de Mussonville.

De la fête des « Nouvelles » à la fête de l'Huma

Ce n'était toutefois pas la première fois que la fête de l'Humanité allait devoir déménager (voire avait été déménagée) à travers l'agglomération bordelaise. Lancée avant la Seconde Guerre mondiale aux Quatre-Pavillons, à Lormont, la fête des « Nouvelles », comme on l'appelait alors, du nom du journal, se tient ensuite à Gradignan-Monjous. De retour à Lormont sitôt après la guerre, elle tourne ensuite entre Mérignac-Les Herbiers et Gradignan-Laurenzanne.

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Devenue fête de l'Huma, elle se fixe à Bassens, en 1971. Elle y restera jusqu'à la défaite, en 1977, de la majorité municipale communiste, battue par le socialiste Jacques Etoumeaud. Le nouveau maire de Bassens refuse de continuer à accueillir la manifestation sur son territoire. Diverses tentatives sont alors menées par le PCF, qui souhaite rester sur la rive droite. D'abord sur le Pré-à-Jules de Lormont, puis à Cenon-Palmer. En vain.

Douze ans de présence à Bègles

Les deux municipalités socialistes ayant opposé aux communistes girondins une fin de non-recevoir, la majorité communiste de la ville de Bègles lui ouvre les bras. Nous sommes en 1978. De retour sur la rive gauche, la fête de l'Humanité girondine se tient pour la première fois au parc de Mussonville. La manifestation évolue en deux journées institutionnelles de créations à caractère populaire. Ce qui fait dire en 1990 à ses organisateurs, mécontents d'être de nouveau obligés de s'exiler : « Mussonville, où nous sommes venus contraints et forcés et non avec une volonté délibérée, ne nous appartient plus. C'est devenu la fête de tout le monde. »

Reste qu'au début des années 1990, à la suite de l'effondrement de l'Union soviétique et après douze années de présence politico-festive à Bègles, le temps du nomadisme est bel et bien de retour pour la fête de l'Huma. Noël Mamère ne revient pas sur sa décision. En juin 1991, elle se déroule à Gradignan, au parc Mandavit, qui dispose à peu près la même superficie que Mussonville, avant d'atterrir à Villenave-d'Ornon, en 1992. Elle migre ensuite au parc des Floralies de Bordeaux-Lac, de 1994 à 1997.

Après la victoire de la gauche plurielle aux élections législatives anticipées, retour à Villenave-d'Ornon, qui accueillera la fête girondine de l'Humanité jusqu'en 2019. Excédés d'errer dans la région, les organisateurs y ont acheté un terrain, route de Courrejean. Après cinq ans d'interruption (la crise du Covid-19 est passée par là) et l'abandon du site de Villenave-d'Ornon, le dimanche 19 mai 2024, la fête de l'Huma retrouve Bègles et Mussonville, près de trente-cinq ans après en avoir été chassée.

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