Le maire de Béziers, Robert Ménard, fait l'objet d'une plainte pour diffamation déposée par un Algérien de 25 ans qu'il avait refusé de marier en 2023. L'homme était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). L'avocate du plaignant, Vanessa Edberg, a annoncé cette plainte vendredi 16 juin 2026.
Des déclarations controversées
Dans la plainte adressée au procureur de Montpellier, Me Edberg cite les propos tenus par Robert Ménard le jeudi 11 juin 2026 sur CNEWS : « Moi, je refuse de marier un type qui est en situation illégale, qui a une OQTF et qui a été condamné à de la prison pour des viols en réunion. C'est moi le coupable dans cette histoire-là ? On marche sur la tête ». L'avocate relève également une déclaration similaire faite sur BFMTV, où le maire divers-droite de Béziers, facilement réélu en mars pour un troisième mandat, affirmait que l'homme « avait été condamné à huit mois de prison pour des viols avec violences ».
Aucune condamnation pour viol
Or, selon Me Edberg, « aucune condamnation pour viol, viol en réunion, agression sexuelle ou toute autre infraction sexuelle n'apparaît » dans le dossier de son client. Ce dernier a été condamné en septembre 2021 à une « peine de huit mois d'emprisonnement intégralement assortie du sursis » pour un « vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours » et « escroquerie ». L'avocate dénonce une « image publiquement dégradée auprès de millions de téléspectateurs et d'internautes » et demande au procureur de Montpellier « d'engager toute poursuite utile à l'encontre de Monsieur Robert Ménard ».
Un procès déjà programmé
Pour son refus controversé de célébrer le mariage en 2023, Robert Ménard, âgé de 72 ans, sera jugé devant le tribunal judiciaire de Montpellier le 30 septembre. Il est poursuivi par les futurs époux, qui lui reprochent d'avoir pris, dans l'exercice de ses fonctions, des mesures visant à faire obstacle à l'exécution de la loi. Le maire encourt jusqu'à cinq ans de prison, une amende de 75 000 euros ainsi qu'une peine d'inéligibilité. Deux semaines après la cérémonie de mariage avortée, très médiatisée, le jeune homme avait été expulsé vers l'Algérie.



