Un homme de nationalité britannique a été condamné à neuf mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Rodez pour des attouchements sexuels commis sur sa nièce alors âgée de 13 ans. Les faits remontent à l’été 2013, lors d’une fête de village à Saint-Affrique, dans l’Aveyron. La victime, aujourd’hui âgée de 25 ans, a attendu douze années avant de trouver le courage de déposer plainte.
Un silence brisé après douze ans
Lors de l’audience, la jeune femme, absente, s’est exprimée par le biais d’une lettre lue par son avocate, Me Elsa Cazor. Elle y décrit avec émotion les dix minutes durant lesquelles son oncle l’a agressée sexuellement dans son fourgon, après l’y avoir invitée. « C’est une cicatrice, ça ne peut rester dans le silence. Et mettre cela sur le dos de l’alcool, c’est facile », a-t-elle écrit. Ses parents étaient présents dans la salle d’audience.
Des dénégations constantes
L’accusé, âgé de 55 ans, a nié les faits en bloc, affirmant ne pas se souvenir que sa nièce soit montée dans son véhicule. Son avocat, Me Nicolas Cuicci, a qualifié le dossier de « révoltant » et « grossier ». Pourtant, d’autres témoignages accablants figurent au dossier. L’une de ses sœurs a déclaré avoir été violée par lui durant leur enfance, ce que l’accusé a minimisé en parlant d’« une histoire de touche-pipi ». Il a également accusé cette sœur d’avoir tout manigancé contre lui.
Le revirement de l’épouse
L’épouse de l’accusé, de nationalité japonaise, avait initialement confié aux enquêteurs que son mari, lorsqu’il était ivre, ne se souvenait de rien et qu’elle n’avait pas confiance à le laisser seul avec leurs filles. Elle avait également évoqué avoir subi des attouchements. Mais devant le tribunal, elle a changé de version, soutenant son mari et affirmant que les gendarmes avaient mal interprété ses propos en raison d’un problème de traduction.
Une condamnation malgré les doutes
Le tribunal a relaxé le Britannique pour les faits concernant son épouse, faute de preuves suffisantes, mais l’a reconnu coupable pour l’agression sur sa nièce. Installé définitivement dans l’Aveyron, il écope de neuf mois de prison avec sursis. La victime, elle, espère que ce jugement permettra de protéger d’autres femmes et de briser le silence autour des violences sexuelles intrafamiliales.



