La cour d'appel de Nîmes face à l'explosion de la criminalité organisée et du narcotrafic
Nîmes : la justice submergée par la criminalité organisée

La cour d'appel de Nîmes sous pression face à la montée de la criminalité organisée

La grande salle civile de la cour d'appel de Nîmes était comble ce vendredi 16 janvier pour l'audience solennelle de rentrée. Magistrats, avocats, policiers, gendarmes, élus locaux et parlementaires étaient réunis pour entendre le bilan contrasté d'une juridiction confrontée à une activité judiciaire extrêmement soutenue.

Une explosion des affaires liées au narcotrafic

Le procureur général Xavier Bonhomme a présenté des chiffres alarmants concernant la criminalité organisée sur le ressort de la cour, qui couvre le Gard, la Lozère, le Vaucluse et l'Ardèche. En 2025, 18 faits d'assassinats et tentatives d'assassinat liés au narcotrafic ont été recensés, causant 11 morts. Ces chiffres représentent près de la moitié des homicides constatés sur le territoire de la cour d'appel de Nîmes.

« En 2024, 11 faits avaient été dénombrés, ayant causé quatre morts seulement », a précisé le procureur général, soulignant ainsi la nette augmentation de la violence liée au trafic de stupéfiants.

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L'ombre de la DZ Mafia marseillaise

Le procureur général a longuement évoqué l'influence grandissante de la DZ Mafia marseillaise sur l'ensemble du ressort judiciaire. À Nîmes, l'affrontement armé entre clans pour le contrôle du trafic de stupéfiants a atteint son paroxysme en 2025 avec 10 faits recensés en un seul mois au début de l'été.

La situation est particulièrement préoccupante dans les quartiers de Nîmes, mais aussi à Alès où la DZ Mafia a étendu son influence. « Le tribunal judiciaire d'Alès n'a pas été épargné », a indiqué Xavier Bonhomme, décrivant une porosité de plus en plus marquée avec le milieu marseillais.

Une justice sous tension malgré des efforts significatifs

Le premier président Eric Bienko Vel a rappelé le rôle fondamental des magistrats comme garants de l'État de droit, tout en présentant les chiffres de l'activité judiciaire. La cour d'appel de Nîmes traite des milliers d'affaires chaque année, avec une augmentation de 8% des décisions rendues en matière civile (4 497 décisions).

Malgré ces efforts, la pression reste forte sur les chambres pénales :

  • La cour d'assises siège de plus en plus souvent et longtemps
  • Les cours criminelles voient leurs décisions augmenter de 18,5%
  • Le stock de dossiers continue de progresser malgré l'engagement des magistrats

Un appel à une réforme législative profonde

Face à cette situation, les chefs de juridiction ont lancé un appel clair. « Je crois fermement qu'aucune évolution significative de la situation ne pourra intervenir sans une profonde modification législative », a déclaré le premier président, rejoignant ainsi les préoccupations du procureur général.

Xavier Bonhomme a insisté sur l'importance cruciale du partage d'information entre les différents services de l'État, depuis les parquets locaux jusqu'au nouveau parquet national anti criminalité organisée (Pnaco). Cette coordination apparaît essentielle pour faire face à une criminalité organisée qui s'est considérablement développée et structurée ces dernières années.

L'audience solennelle de la cour d'appel de Nîmes a ainsi dressé le portrait d'une justice mobilisée mais confrontée à des défis croissants, où l'explosion de la criminalité organisée et du narcotrafic met à l'épreuve les institutions judiciaires et l'ensemble des forces de l'ordre du territoire.

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