Mère insultée de "psychologue bobo" par un juge, saisit le CSM
Mère insultée de "psychologue bobo" par un juge, saisit le CSM

Une mère, dont l'enfant aurait été victime d'une agression sexuelle, a saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour dénoncer les termes employés par un magistrat dans un jugement du tribunal de Bobigny. Ce dernier l'a qualifiée de « psychologue bobo » ayant « surréagi », suscitant l'indignation de la famille et de son avocat.

Une affaire de baby-sitting

Dans cette affaire, le baby-sitter mis en cause a été relaxé. Selon Paul Jouty, avocat de la famille, le « recueil de la parole n'a pas été fait de manière spécifique ». Lors du prononcé du jugement, les magistrats avaient pourtant indiqué qu'ils « croyaient » l'enfant de sept ans.

Huit mois plus tard, l'avocat a reçu le jugement écrit, qu'il qualifie de « motivation absurde et presque injurieuse ». Le texte, truffé de fautes d'orthographe, contient notamment ce passage : « On peut également imaginer que sa mère, psychologue et bobo, d'ailleurs plus bohème que bourgeoise, avait surréagi et entraîner son fils dans un délire de victimisation de violences sexuelles, biaisant ses déclarations par sa réaction et son insistance, celle-ci ayant indiqué en outre à l'audience lui avoir fait faire des séances d'EMDR recommandées en cas de stress post-traumatique, séances inadaptées par rapport aux faits (Nan, j'déconne même si c'est en partie vrai). »

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Pour Paul Jouty, « c'est invraisemblable. C'est une "connerie", un projet de jugement qui n'a pas été relu ».

Une plainte devant le CSM

Dans sa plainte devant le CSM, organe disciplinaire des magistrats, la mère dénonce « un jugement de valeur teinté de malveillance et de partialité à son égard, doublé d'une incohérence sur le fond ». Elle ajoute : « Le fait qu'il s'agisse probablement d'une blague - d'un goût douteux - à destination d'un collègue qui n'ait pas été expurgée du jugement définitif ne me semble pas atténuer la responsabilité du magistrat en cause, bien au contraire, puisque cela révèle au surplus un manque de rigueur professionnelle. »

Réactions de la présidente du tribunal

Anne Auclair-Rabinovitch, présidente du tribunal de Bobigny, a déploré un fait « insupportable ». « Les mesures internes sont en ordre de marche. En ordre de marche auprès de celui qui a laissé passer et de celui qui a rédigé, bien sûr. Ça n'est pas possible », a-t-elle déclaré, se disant disposée à recevoir la famille. L'avocat a salué cette démarche : « Ils sont sensibles à cette démarche. »

Un contexte plus large

Cette affaire intervient dans un contexte où le débat sur la responsabilité des magistrats a ressurgi de manière dramatique après la mort de Lyhanna, le principal suspect ayant fait l'objet de plusieurs plaintes pour viols sur mineures sans jamais avoir été inquiété. Les conclusions d'une enquête administrative doivent être rendues lundi.

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