L'Assemblée nationale examine ce jeudi une proposition de loi visant à interdire la pêche au chalut de fond dans les eaux côtières normandes. Porté par des députés écologistes, le texte prévoit d'interdire cette pratique destructrice pour les fonds marins dans une bande côtière de 12 milles nautiques. Les grands chalutiers, souvent étrangers, sont accusés de ravager les écosystèmes marins et de concurrencer déloyalement les petits pêcheurs locaux.
Un texte soutenu par les associations environnementales
Les associations comme Greenpeace et Sea Shepherd se réjouissent de cette initiative. Selon elles, le chalutage de fond est responsable de la destruction des herbiers de posidonie et des récifs coralliens, essentiels à la biodiversité. "C'est une mesure de bon sens pour protéger nos océans", déclare un porte-parole de Greenpeace. Les scientifiques alertent depuis des années sur l'impact dévastateur de cette technique, qui laboure les fonds marins et capture des espèces non ciblées.
L'opposition des pêcheurs professionnels
En revanche, les organisations de pêcheurs normands s'opposent fermement au texte. Ils estiment que cette interdiction serait une catastrophe économique pour le secteur. "Les chalutiers représentent une part importante de notre flotte", explique le président du comité régional des pêches. "Interdire cette pratique reviendrait à condamner des centaines de marins au chômage." Les pêcheurs proposent des mesures alternatives, comme des zones de protection temporaires ou des engins de pêche plus sélectifs.
Un débat qui dépasse la Normandie
Cette proposition de loi s'inscrit dans un débat plus large sur la pêche durable en Europe. La Commission européenne réfléchit à une réforme de la politique commune de la pêche, qui pourrait inclure des restrictions sur le chalutage de fond. Les députés normands espèrent que leur initiative servira de modèle pour d'autres régions côtières. Le vote est prévu en fin de journée, et l'issue reste incertaine.
Le ministre de la Mer a indiqué suivre le débat avec attention, tout en rappelant la nécessité de concilier protection de l'environnement et maintien de l'activité économique. Une mission d'information parlementaire devrait être lancée pour étudier l'impact de cette interdiction potentielle.



