Une jeune mère jugée pour abandon d'enfant à Saint-Gilles
Le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné ce lundi 23 mars une jeune femme de 22 ans à une peine de huit mois de prison assortie d'un sursis simple. La prévenue était jugée pour avoir laissé son enfant de deux ans et demi seul, sans surveillance, à son domicile de Saint-Gilles pendant toute une nuit. Elle avait quitté le domicile pour participer à une soirée à Montpellier, une décision qualifiée d'"inhumaine" par le procureur.
Les faits reprochés et la défense de l'accusée
Lors de l'audience, le président du tribunal, Fabien Chenevier, a rappelé les circonstances de l'affaire. "Ce sont les policiers municipaux qui ont retrouvé votre fils enfermé à clé dans la chambre. Quand ils vous ont appelé, vous étiez sur la route du retour, vers Lunel, en train de conduire, bien que vous n'ayez pas le permis", a-t-il précisé. La jeune mère a confirmé cette infraction routière, expliquant que son compagnon, présent ce soir-là, avait trop bu et avait consommé des stupéfiants, l'empêchant de prendre le volant. Les tests de dépistage effectués sur elle se sont avérés négatifs.
Concernant l'abandon de son enfant, l'accusée a présenté une version différente. Elle a affirmé que son frère devait assurer la garde de l'enfant et qu'il était censé arriver au moment de leur départ. Cependant, cette thèse a été contredite par l'absence de messages confirmant cet arrangement sur son téléphone et par le témoignage du frère lui-même, qui a nié cette version des faits. "Je ne comprends pas pourquoi il dit ça", a-t-elle maintenu devant le tribunal.
Un parcours de vie marqué par les épreuves
Le président du tribunal a examiné en détail le parcours personnel de la jeune femme, mettant en lumière une série de difficultés :
- Placement en foyer dès son plus jeune âge
- Une mère absente et un père récemment décédé
- Éducation seule de son fils, dont le père ne l'a pas reconnu à la naissance
- Responsabilités familiales importantes, notamment les soins à son grand-père alité
Son avocat, Me Grégory Loiron, a souligné ces circonstances atténuantes. "Je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières, mais tout ça, ça fait beaucoup pour une jeune adulte", a-t-il déclaré, reconnaissant un moment de faiblesse isolé de sa cliente. Le casier judiciaire de la prévenue ne comporte aucune mention, à l'exception d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière suite à une précédente infraction de conduite sans permis.
La réaction du procureur et la décision du tribunal
Le procureur Philip Ughetto-Porteglio a reconnu les épreuves traversées par l'accusée mais a insisté sur la gravité des faits. "Que Madame s'occupe avec beaucoup de bienveillance de son grand-père âgé, c'est tout à son honneur. Mais pour le reste, c'est effrayant. Partir en soirée, on ne peut pas vous le reprocher. Mais laisser un enfant sans surveillance, c'est inhumain. C'est à tomber de sa chaise", a-t-il affirmé. Il a requis huit mois de prison avec sursis simple et la confiscation du véhicule, une peine finalement confirmée par le tribunal.
En prononçant la sentence, le président a adressé un avertissement clair à la jeune mère : "L'objectif n'est pas de vous accabler davantage, mais de vous faire comprendre que si vous commettez d'autres faits, vous finirez en prison". Cette décision judiciaire intervient dans un contexte où la protection des mineurs et la responsabilité parentale restent des enjeux majeurs pour les autorités.



