Le major Bernard Robert, artisan du démantèlement d'un vaste réseau pédophile, s'est éteint
La gendarmerie nationale et la région du Castellet sont en deuil. Le major Bernard Robert, officier à la retraite dont le nom reste indissociable de la lutte contre les réseaux pédophiles en France, est décédé à l'âge de 76 ans dans sa retraite varoise. Sa disparition laisse un grand vide parmi ses pairs et tous ceux qui ont croisé sa route.
Une carrière marquée par l'engagement et le professionnalisme
Né en 1950 à Lourmel, en Algérie française, Bernard Robert rejoint la métropole avec sa famille avant de s'installer à Verzé, en Saône-et-Loire. C'est dans la gendarmerie qu'il va forger sa légende, alliant un professionnalisme rigoureux à une abnégation totale dans la résolution des affaires les plus complexes.
À la tête de la brigade des recherches de Mâcon, il se distingue notamment dans l'enquête dite du « faux pouilly-fuissé », démontrant déjà ses qualités d'enquêteur hors pair. Mais c'est en 1996 que son nom entre définitivement dans l'histoire de la lutte contre la criminalité organisée.
L'opération ADO 71 : un coup d'éclat historique
Sous sa direction, l'enquête « ADO 71 » va porter le premier coup majeur aux réseaux pédophiles en France. Cette opération d'une ampleur inédite a mobilisé pas moins de 2 500 gendarmes sur l'ensemble du territoire national.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
- Environ 600 personnes mises en cause
- Une enquête aboutissant à un procès historique devant le tribunal de Mâcon
- Un réseau démantelé qui marque un tournant dans la lutte contre ce fléau
Cette réussite exemplaire reste aujourd'hui encore étudiée dans les écoles de gendarmerie et sert de référence dans la lutte contre les crimes pédophiles.
Un parcours international avant une retraite active
Après son passage à Mâcon, Bernard Robert poursuit sa carrière à l'ambassade de France à Alger en tant que chef du détachement de sécurité. Il est ensuite nommé à la tête de la brigade des recherches de Salon-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône, où il continue à mettre son expertise au service de la justice.
Parti à la retraite en 2006, il ne reste pas inactif pour autant. Il termine sa carrière professionnelle comme responsable de la sécurité au sein du groupe Géodis, apportant son expérience unique au secteur privé.
Un hommage mérité
Le décès du major Bernard Robert a provoqué une vive émotion dans la région du Castellet où il avait choisi de passer sa retraite, mais aussi au sein de la grande famille des gendarmes qui perd l'un de ses membres les plus illustres.
À sa famille, ses amis et à tous ceux qui pleurent sa disparition, la communauté présente ses plus sincères condoléances. L'héritage professionnel de Bernard Robert, notamment son rôle déterminant dans la protection des mineurs contre les réseaux pédophiles, restera gravé dans la mémoire collective.



