Mort de Nahel : la justice requalifie les faits, le policier évite le meurtre
Dans une décision qui suscite une vive émotion, la cour d’appel de Versailles a ordonné jeudi la requalification des faits à l’encontre du policier responsable de la mort de Nahel. Initialement poursuivi pour meurtre, l’agent sera finalement jugé pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Cette décision intervient après l’appel formé par le fonctionnaire contre son renvoi devant la cour d’assises.
Une intention homicide non retenue
Les magistrats de la cour d’appel ont estimé qu’il n’était pas établi que Florian M. était animé, au moment du tir, de la volonté d’ôter la vie au conducteur. Ils n’ont donc pas suivi les juges d’instruction qui, le 3 juin 2025, avaient ordonné le renvoi devant la cour d’assises pour meurtre, conformément aux réquisitions du parquet de Nanterre. Le policier sera désormais jugé devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine.
La famille dénonce une décision « scandaleuse et honteuse »
Pour Me Frank Berton, avocat de la mère de l’adolescent, cette requalification est « scandaleuse et honteuse ». Il annonce se pourvoir en cassation, affirmant que la mère de Nahel et tous ses comités de soutien sont scandalisés. « Ils ont fait confiance à la justice, et la chambre de l’instruction de Versailles confisque le débat qui devait se tenir devant une cour d’assises », a-t-il regretté.
Le conseil de Mounia Merzouk voit dans cette décision une forme de protection du policier, la qualifiant de « pas que juridique (mais) aussi politique ». Pour Me Margot Pugliese, qui défend plusieurs membres de la famille, la décision est « extrêmement décevante et à ce stade incompréhensible ». Elle s’étonne notamment que la cour n’ait pas retenu les circonstances aggravantes, comme l’utilisation d’une arme et la qualité de policier de l’auteur.
Les avocats des passagers « abasourdis »
Mes Pauline Rainaut et Karen Noblinski, qui défendent les passagers du véhicule, se sont dites « absolument abasourdies par cette décision qui ne correspond pas à la réalité juridique et factuelle du dossier ». Elles n’ont pas réagi dans l’immédiat à l’annonce de cette plainte, mais leur réaction souligne l’impact profond de cette requalification sur toutes les parties impliquées.
Cette affaire continue de diviser et de questionner les mécanismes judiciaires, alors que le procès approche et que les tensions restent vives autour de la mémoire de Nahel.



