Nouvelles accusations contre le père de Jérôme Barella
Le parquet de Béziers a annoncé, mercredi 10 juin 2026, la réouverture d’une enquête pour agressions sexuelles visant Joël Barella, 71 ans, père du principal suspect dans l’affaire Lyhanna. L’homme est visé par deux plaintes pour inceste déposées par ses petites-filles par alliance, dans l’Hérault et en Haute-Garonne. Ces affaires avaient initialement abouti à un non-lieu et un classement sans suite.
Une famille qui fait front
La première plainte remonte au 19 février 2013. Prescyllia, alors âgée de 13 ans, dénonce des viols et attouchements répétés entre 2010 et 2013. Si un médecin légiste n’identifie aucune lésion traumatique, une experte psychologue note des modifications comportementales pouvant correspondre à des abus sexuels. Malgré ces éléments, une grande partie de la famille prend la défense du suspect. Le père de Prescyllia, fils de la compagne de Joël Barella, qualifie sa fille de "menteuse, vicieuse et charmeuse", aimant attirer l’attention. Sa grand-mère, compagne de Joël Barella, décrit une attitude provocante, affirmant que l’enfant serait entrée dans la salle de bains pour voir son grand-père sous la douche, ce que la jeune fille dément. Joël Barella nie les faits lors de sa garde à vue le 17 septembre 2014. Il comparaît devant le juge d’instruction le 25 novembre 2020, qui décide de ne pas le mettre en examen mais de le placer sous le statut de témoin assisté. L’enquête est clôturée le lendemain et l’information judiciaire débouche sur un non-lieu en 2021 pour absence d’éléments matériels.
L’actualité change la donne
En août 2018, Maeva, la demi-sœur de Prescyllia alors âgée de 12 ans, dénonce à son tour des attouchements au domicile du septuagénaire. Cette seconde procédure est classée sans suite en 2020 pour infraction insuffisamment caractérisée. Pour l’heure, rien n’indique que les magistrats du parquet de Béziers aient fait le lien entre les plaintes des deux demi-sœurs. Le parquet fait machine arrière face à l’actualité. "Le procureur de Béziers a souhaité réexaminer la procédure et a décidé de rouvrir l’enquête afin de procéder à certaines vérifications complémentaires", indique le communiqué officiel. Pour Maeva, c’est un soulagement immense : "J’avais dû me faire une raison et passer outre par manque de preuves, mais là je me dis que ça ne sera pas laissé à l’abandon", explique-t-elle. La réouverture du dossier de Prescyllia n’est pas prévue à ce stade.



