Mort de Lyhanna : le gouvernement pointe des dysfonctionnements
Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a présenté ses excuses vendredi 5 juin à la famille de Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé la veille dans le Gers. Il a déploré que l'institution judiciaire n'ait pas su protéger l'enfant, estimant qu'il y a eu un échec dans le suivi des plaintes déposées contre le principal suspect, Jérôme B. Le garde des Sceaux s'est dit furieux et a évoqué d'éventuelles sanctions contre des magistrats en cas de fautes professionnelles.
Les autopsies confirment l'identité de la victime
Les autopsies réalisées vendredi ont confirmé que le corps découvert à Puycasquier était bien celui de Lyhanna, disparue depuis le 29 mai. L'identification a été faite par comparaison ADN. Les causes de la mort ne sont pas encore déterminées. Les parents de la fillette ont annoncé leur participation à une marche blanche et remercié le maire de Fleurance pour son initiative.
Un suspect aux antécédents inquiétants
Jérôme B., 41 ans, père de deux enfants et ami de la famille, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration. Il avait déjà été visé par des plaintes pour viol en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite, tandis que la seconde fait l'objet d'une enquête. Ces signalements n'ont pas empêché le drame, suscitant des interrogations sur le fonctionnement de la justice.
Les magistrats se défendent et pointent le manque de moyens
Les syndicats de magistrats dénoncent une recherche de boucs émissaires. Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats, estime qu'il faut attendre les rapports d'inspection avant de tirer des conclusions. Manon Lefebvre, du Syndicat de la magistrature, rappelle que les moyens insuffisants au tribunal d'Auch, alerté dès avril 2025, ont entravé le travail des juges. Une circulaire récente n'a pu être appliquée faute de ressources.
L'exécutif promet des conclusions rapides
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé que les premières conclusions de l'enquête administrative lui soient remises sous 15 jours. Emmanuel Macron, depuis le Monténégro, a jugé inacceptable le dysfonctionnement et refuse d'entendre des arguments de moyens. Les chefs de parquets sont convoqués lundi à la Chancellerie pour faire le point.



