Mort d'Allan Lambin : quatre policiers condamnés à Rennes pour manquement
Mort d'Allan Lambin : quatre policiers condamnés à Rennes

Mort d'Allan Lambin : la justice condamne quatre policiers pour manquement

Dans la nuit du 9 au 10 février 2019, la vie d'Allan Lambin, un jeune Breton de seulement 19 ans, s'est tragiquement arrêtée dans une cellule du commissariat de Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine. Le jeune homme avait été placé en dégrisement après une interpellation pour conduite en état d'ivresse, alors que son père se trouvait dans une cellule voisine, à quelques mètres seulement.

Une chute fatale et une surveillance défaillante

Alors qu'il tentait de se rendre aux toilettes, Allan Lambin a chuté lourdement dans sa cellule, sa tête heurtant violemment la cloison. Le drame s'est produit vers 22h45, mais le jeune homme n'a été découvert inanimé que deux heures plus tard, par un médecin venu vérifier son état d'alcoolisation. Les policiers chargés de sa surveillance n'avaient rien remarqué pendant ce laps de temps critique.

Ce mardi, le tribunal correctionnel de Rennes a rendu sa décision dans cette affaire particulièrement douloureuse. Les quatre policiers qui comparaissaient depuis janvier ont été condamnés à six mois de prison avec sursis, une peine conforme aux réquisitions du procureur Tanguy Courroye. Lors du procès, le magistrat avait estimé que l'absence de réaction des agents avait « fait perdre toute chance de survie » à Allan Lambin et avait donc contribué « avec certitude » à son décès de manière indirecte.

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Une soirée qui a mal tourné

Presque sept ans jour pour jour avant le verdict, Allan Lambin et son père avaient passé la journée ensemble. Après avoir consommé une quantité importante d'alcool, le jeune homme de 19 ans avait pris le volant pour rejoindre le mobile-home qu'ils avaient loué pour la nuit. Leur périple s'est brutalement interrompu à quelques mètres du camping, lorsque la voiture a heurté un fossé.

Le jeune conducteur, qui circulait avec plus de deux grammes d'alcool dans le sang, s'est rebellé lors de l'intervention des forces de l'ordre et a finalement été interpellé. Son père a également été embarqué, les deux hommes étant placés en cellule de dégrisement dans le même commissariat.

Des explications insuffisantes et un père dévasté

Lors du procès, l'un des policiers a tenté de justifier son inaction en déclarant : « Je pensais qu'il s'était endormi », avant d'évoquer les faibles effectifs durant la nuit de garde. Des arguments qui n'ont pas convaincu la justice, ni les parties civiles représentées par Me Hélène Laudic-Baron. L'avocate a fermement déclaré : « S'ils avaient fait correctement leur travail, Allan aurait pu être sauvé ».

Franck Lambin, le père d'Allan, n'a appris le décès de son fils que le lendemain matin, directement de la bouche de la procureure. Anéanti par le drame, il témoignait lors du procès : « J'ai crié en arrivant dans la salle de fouilles pour prendre de ses nouvelles mais il ne répondait pas ». Le père attendait de la justice française qu'elle lui fournisse des réponses et qu'elle condamne les quatre agents en service cette nuit-là.

La décision du tribunal correctionnel de Rennes marque donc une étape importante dans cette affaire, reconnaissant la responsabilité des policiers dans la mort du jeune homme. Cependant, la peine prononcée – six mois de prison avec sursis – laisse un goût amer pour la famille d'Allan Lambin, qui a perdu un fils dans des circonstances qui auraient pu être évitées avec une surveillance appropriée.

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