Tentatives de meurtre à Monaco-Ville : l'accusé revient sur ses aveux
Monaco : l'accusé se rétracte sur les tentatives de meurtre

Deuxième jour du procès de Rocco Emilio Tramontana ce mercredi 1er juillet. Ce cuisinier de 64 ans est accusé de tentatives de meurtre sur deux anciens collègues : un plongeur sénégalais de 56 ans et une cuisinière de 61 ans, qui a brièvement partagé sa vie, au sein du restaurant l’Estragon sur le Rocher. Si la matinée a été consacrée à la chronologie des tensions ayant conduit aux actes du 8 août 2023, l’après-midi a été marquée par un revirement de situation.

Un revirement inattendu

À la grande surprise du président Jérôme Fougeras-Lavergnolle et de l’avocat de la défense Me Sosso, Rocco Emilio Tramontana a pris la parole pour balayer le qualificatif de « tentative d’homicide » sur le plongeur, initialement reconnu lors de la première journée. « Je ne voulais pas le tuer, je voulais simplement lui faire du mal », a-t-il expliqué, conservant le calme affiché lors de l’ouverture du procès mardi.

Le récit des victimes

Cette journée était surtout consacrée au recueil de la parole des deux victimes. Comment en est-on arrivé à un tel niveau de violence ? Au point de poignarder un collègue et d’en poursuivre une autre couteau en main. Le mobile reste flou, du moins concernant la tentative d’homicide sur le collègue.

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Le plongeur sénégalais a raconté qu’au début, « tout se passait bien » entre les deux hommes. Ils allaient au travail ensemble et échangeaient sur leur vie respective. « Il appréciait mon travail et il me l’a fait savoir dès le premier jour. Il me disait qu’il ferait tout pour que le patron augmente mon salaire. Je n’ai pas relevé. Mais une semaine plus tard, le patron est venu me voir en me disant qu’il n’appréciait pas ma façon de faire », relate-t-il. Premier malentendu. Mais la victime décide de passer outre : « Les petites histoires ne m’intéressent pas. Je ne me lève pas le matin pour cela. »

Toutefois, les prises de tête se multiplient, toujours avec Rocco Emilio à leur origine, selon la partie civile. « Il s’est mis à me brûler avec les casseroles. Au début, je me suis dit qu’il y avait une incompréhension, le stress en cuisine, les locaux exigus… mais il changeait en réalité d’attitude », raconte-t-il. Des brûlures importantes qui contraignent le plongeur à porter des bandages. Celui-ci dénonce également des propos racistes répétés, en italien, circonstance aggravante qui n’a cependant pas été retenue. « Il s’est dit que j’étais noir et plongeur et que je serai son souffre-douleur. Il est allé loin dans le mépris. »

Quand le sentimental entre en jeu

La deuxième victime, qui a été la partenaire de Rocco Emilio pendant quelques semaines, était également dans son viseur. Dans ce cadre, le qualificatif de « menaces de mort » est pris en compte. Elle intègre le restaurant avec son compagnon en début d’année 2023. Cette Italo-colombienne commence à vivre avec lui. Et l’enfer commence. « Il m’a torturée », dit-elle difficilement à la barre, la gorge nouée. « Quand on allait à la gare ensemble pour aller au travail, il disait qu’il allait me jeter sous les rails. Il répétait qu’il allait me couler vivante dans du béton armé. Il m’a forcée à avoir des relations sexuelles… » Puis le 27 juillet, presque un passage à l’acte : « Il m’a mis un couteau sous la gorge au travail. » Dans un enregistrement envoyé à son employeur, elle évoque en sanglot ce qui vient de lui arriver.

Le jour des tentatives d’homicide

Jusqu’au fameux 8 août 2023. Alors qu’il était en arrêt de travail, l’accusé se rend en cuisine, assurant à ses employeurs qu’il était de nouveau apte. Ces derniers, très surpris de sa présence selon leurs dires en tant que témoins ce mercredi, lui indiquent la véritable marche administrative à suivre. En attendant, ils intiment à leur cuisinier de quitter les lieux, sous peine d’appeler la police. Au lieu de cela, il rentre en cuisine et se saisit d’un couteau. « J’étais de dos, il était derrière, je l’entends crier et je sens un coup de couteau dans mon ventre. Le temps de me retourner, je le vois sortir en courant, déterminé, à la poursuite de son ancienne partenaire », raconte le plongeur. Elle parvient à trouver refuge en attendant l’intervention des forces de l’ordre.

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À venir : l’aspect psychologique

Ce jeudi, il sera question de l’aspect psychologique du dossier. Médecin légiste et experts psychiatres se relayeront pour donner leurs analyses. Mais les deux victimes l’assurent en des termes différents : s’ils sont bien vivants aujourd’hui, « une partie d’eux est morte » ce 8 août.