Meurtre de Delphine Jubillar : pourquoi Cédric a-t-il attendu 5 ans pour avouer ?
Meurtre Delphine Jubillar : pourquoi Cédric a attendu 5 ans ?

Cédric Jubillar s'est « enferré dans un mensonge » qui l'a empêché d'avouer avoir tué son épouse Delphine fin 2020 dans le Tarn, « lors d'un débordement émotionnel très fort », a déclaré jeudi soir Me Pierre Debuisson, l'avocat du peintre-plaquiste. Alors que l'homme de 38 ans est passé aux aveux mercredi 17 juillet 2026 devant la justice, son avocat tente d'expliquer les silences et les dénégations de son client pendant plus de cinq ans.

Des aveux deux mois avant son procès en appel

Ce mercredi 17 juillet 2026, près de six ans après avoir tué son épouse Delphine, Cédric Jubillar est enfin revenu sur les circonstances du drame qui a coûté la vie à l'infirmière de 33 ans à Cagnac-les-Mines (Tarn) en décembre 2020. Dans la foulée, jeudi, il a été extrait de sa cellule afin de conduire les gendarmes à l'endroit où il affirme avoir enterré le corps. Des ossements y ont été retrouvés.

« Des ossements qui pourraient être des ossements humains ont été retrouvés sur les lieux indiqués par Cédric Jubillar comme l'endroit où il avait déposé le corps de Mme (Delphine) Aussaguel », à une douzaine de kilomètres d'Albi, a détaillé le procureur général de la cour d'appel de Toulouse Nicolas Jacquet.

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Lors de ses aveux devant la justice mercredi, Cédric Jubillar « a fait des déclarations spontanées pour livrer la vérité de façon absolue » pendant une heure et demie, a déclaré jeudi soir l'un de ses avocats, Pierre Debuisson. Mercredi au palais de justice de Toulouse, l'homme suspecté depuis près de six ans a ainsi donné sa nouvelle version des faits, à sa demande. Et ce, deux mois avant son procès en appel, programmé pour débuter le 21 septembre devant la cour d'assises de Haute-Garonne.

« Il a été entendu par la présidente de la cour d'assises qui a acté ses aveux. M. Jubillar a indiqué précisément le lieu où il a déposé le corps », a précisé la première présidente de la cour d'appel de Toulouse, Chantal Ferreira.

Un mensonge dans lequel il s'est enferré

Expliquant les silences et les dénégations de son client pendant plus de cinq ans, Me Debuisson a évoqué « un mensonge dans lequel il va s'enferrer, et duquel il aura beaucoup de mal à s'extirper, et en même temps, depuis le début, un besoin et une envie de parler ».

Le 6 juillet, ses avocats avaient révélé un courrier dans lequel il admettait pour la première fois sa « responsabilité » dans la mort de l'infirmière de 33 ans et mère de leurs deux enfants. Depuis plus de cinq ans et notamment pendant tout son procès très médiatisé devant les assises du Tarn, à l'issue duquel il a été condamné à trente ans de réclusion en octobre, il avait pourtant toujours clamé son innocence.

Dans une affaire sans corps, ni aveux, ni preuve formelle, l'intime conviction de la cour en première instance s'était forgée grâce à un faisceau d'indices concordants. Le changement de ligne de défense de Cédric Jubillar, « c'est la confirmation que les enquêteurs étaient dans le vrai et que l'instruction a été bien menée, contrairement à ce que disaient les avocats de Cédric Jubillar », souligne un haut gradé de la gendarmerie qui requiert l'anonymat. « On imagine qu'il y a une stratégie derrière » en vue du procès, ajoute-t-il.

Un procès en appel compromis ?

La cour d'appel de Toulouse doit rejuger le trentenaire à partir du 21 septembre. Cependant, pour Me Debuisson, un procès en appel à la date prévue « n'est pas concevable ». Selon lui, une analyse des ossements retrouvés, une expertise psychologique et psychiatrique de son client, et une reconstitution sont autant d'étapes nécessaires qui rendent « évidemment impossible la tenue d'un procès au mois de septembre ».

Il va également falloir réentendre Cédric Jubillar, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, à l'aune de ses explications. Jurés et magistrats pourront réduire, confirmer ou aggraver la peine prononcée en première instance.

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« En libérant sa conscience, on va découvrir un autre personnage. Il va révéler sa sensibilité, ses qualités d'homme. Il veut montrer qu'il a des remords extrêmement puissants », avait expliqué Me Debuisson début juillet. Les deux avocats de Cédric Jubillar insistent sur le fait que leur client est « un homme terrorisé » qui a besoin d'être « rassuré » pour « accepter ce qu'il a fait ».

Un passage à l'acte « irréfléchi »

Quoi qu'il en soit, la cour d'appel pourrait s'interroger sur le timing des aveux de Cédric Jubillar et se demander s'il ne s'agit pas de confessions opportunistes, dans l'optique d'amenuiser sa peine en appel. Reste que ce mercredi, le peintre-plaquiste « est revenu sur les circonstances du drame » et « sur les conditions dans lesquelles ce couple s'est dégradé, sur les tensions très fortes qu'il y avait de part et d'autre », a encore fait savoir Me Debuisson.

Il a aussi évoqué « l'élément déclencheur qui a fait qu'à un moment donné, il a été inondé et submergé par une émotion qui l'a dépassé, extrêmement forte, et qui a provoqué un passage à l'acte irréfléchi », a poursuivi l'avocat. Son client a aussi fait part de « regrets importants qu'il n'a pas réussi à exprimer pendant des années, mais qu'il exprime aujourd'hui avec beaucoup de sincérité », a estimé l'avocat.