Martin Ney, le pédocriminel allemand, fond en larmes à son procès à Nantes
Martin Ney fond en larmes à son procès à Nantes

À la cour d'assises de Loire-Atlantique, il aura fallu attendre sept jours d'audience pour que Martin Ney laisse entrevoir une forme d'émotion. Le regard vide, le visage fermé, l'absence de réaction… Depuis l'ouverture de son procès, le pédocriminel allemand accusé du meurtre de Jonathan Coulom semblait étrangement détaché des faits qui lui sont reprochés. Jeudi soir, les larmes ont fini par couler.

Reconnaissance de sa pédophilie

Au premier jour de l'audience, l'homme condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de trois enfants et plusieurs agressions sexuelles sur mineurs en Allemagne a reconnu sa « pédophilie ». Lors de son interrogatoire de fond ce jeudi, le quinquagénaire est revenu plus en détail sur son attirance sexuelle envers les très jeunes garçons.

Un mode opératoire discret

Martin Ney a majoritairement sévi dans les années 90. « À ce moment-là j'avais peu d'amis », confie l'accusé. Il explique avoir à de nombreuses reprises pris le volant pour se « débarrasser de ce sentiment de solitude » avant qu'il ne se transforme en « envie sexuelle ». À l'intérieur de son véhicule : un masque ou une cagoule ainsi qu'une paire de gants. « J'avais en tête que je pouvais m'en servir » comme ce soir de 1991, la première fois où il s'arrêta dans un centre de vacances pour commettre des faits de nature sexuelle. « J'ai connu l'endroit en passant devant par hasard et j'y suis retourné plus tard. »

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« La manière dont je procédais était plus cruelle que ce que j'imaginais, détaille Martin Ney. Je me déplaçais toujours de manière discrète, en silence, j'évitais d'utiliser des lampes de poche. Avant de pénétrer dans un bâtiment, je l'observais un certain temps. »

Des aveux ponctués de larmes

Déjà condamné pour les faits qu'il mentionne depuis le box nantais, l'Allemand livre les détails de ses passages à l'acte, parfois entre les larmes. L'étranglement du jeune Stefan Jahr (tué en 1992), l'absence de remords envers Dennis Rostel (tué en 1995), la façon dont s'est débattu Dennis Klein (tué en 2001).

Le cas Jonathan Coulom

Dans le dossier Jonathan Coulom, les enquêteurs français et allemands s'accordent pour dire que l'auteur des faits commis outre-Rhin et les faits infligés au « petit Jonathan » sont la signature d'un même individu. « Je vois bien entendu des ressemblances », juge Martin Ney qui emploie le terme « copies », « peut-être que l'auteur a entendu parler de mes faits ».

Interrogé sur ses préférences physiques et sur l'apparence de Jonathan Coulom, l'accusé glisse à demi-mot « oui, il aurait pu me plaire », sans pour autant passer aux aveux. « Je suis absolument sûr de ne pas avoir commis ces faits de même que je suis absolument sûr de n'être jamais allé à Saint-Brévin-les-Pins. » La cour rendra son verdict le 4 juin.

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