Marie Portolano jugée pour diffamation contre Pierre Ménès
Marie Portolano jugée pour diffamation contre Pierre Ménès

La journaliste Marie Portolano est jugée ce lundi à Paris pour diffamation envers Pierre Ménès, l'ancien chroniqueur vedette de Canal+. Cette affaire fait suite à la parution de son livre « Je suis la femme du plateau » en mars 2024 aux éditions Stock, dans lequel elle relate une agression sexuelle subie sur le plateau de Canal+ en 2016.

Les passages incriminés dans le livre

Dans l'un des deux passages visés par la plainte, Marie Portolano écrit, sans jamais nommer le chroniqueur : « il se permettait de faire ce que bon lui semblait aux femmes qui l'entouraient. De toucher qui il voulait, où il voulait, avec le consentement non des personnes concernées évidemment, mais de celles qui auraient tout à fait pu l'arrêter ». Dans l'autre passage, elle affirme : « Il avoue qu'il l'a fait ».

Ce n'est pas le documentaire « Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste » de 2021, coréalisé par Marie Portolano, qui a entraîné la saisine de la justice par Pierre Ménès, mais bien ce livre.

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Contexte des accusations et de la polémique

En 2021, des séquences incriminant Pierre Ménès avaient été coupées au montage par Canal+, puis déterrées par le média Les Jours. La polémique qui s'était ensuivie avait poussé la chaîne à mettre fin à près de 12 ans de collaboration avec le chroniqueur. Ces images montraient Marie Portolano reprocher à Pierre Ménès de lui avoir soulevé la jupe devant le public du « Canal Football Club » en 2016. Dans l'extrait, il assurait ne pas s'en souvenir et affirmait qu'il pourrait le refaire.

Marie Portolano, 40 ans, présente désormais « La Maison des Maternelles » sur France 2. Elle n'a pas porté plainte contre le consultant et a déploré la « chasse à l'homme » qui l'a visé après les révélations, estimant qu'il n'est pas « coupable » de « l'intégralité du sexisme en France ». Le parquet de Nanterre a toutefois ouvert une enquête sur ces faits en 2022. Un autre procès est prévu le 16 novembre.

Un possible renvoi du procès et les réactions

Le procès de ce lundi pourrait être renvoyé. La défense de Pierre Ménès, 63 ans, en a fait la demande en raison d'un rendez-vous médical. De son côté, Christophe Bigot, avocat de la journaliste et des éditions Stock, estime : « Il ne veut pas que cette affaire se plaide, parce qu'il voit que ce n'est pas forcément très bien engagé ».

Après l'annonce de la mise en examen de la journaliste pour diffamation, un collectif de journalistes avait dénoncé « une inversion de la charge victimaire : au lieu d'entendre la parole d'une femme qui dénonce des violences patriarcales, c'est elle qui se trouve en position d'être attaquée en justice ». Manuel Carcassonne, directeur général des éditions Stock, est également poursuivi dans cette affaire.

Dans une autre affaire, Pierre Ménès a été condamné en 2023 à deux mois de prison avec sursis pour une agression sexuelle survenue en 2018 dans un magasin Nike. Il a été relaxé de deux autres accusations lors du même jugement.

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