Le maire de Libourne devant la justice pour diffamation présumée contre une famille
Maire de Libourne jugé pour diffamation contre une famille

Le maire de Libourne convoqué devant le tribunal pour des propos controversés

Philippe Buisson, maire de Libourne, est cité à comparaître le mardi 10 février devant le tribunal correctionnel de la ville. Cette convocation judiciaire fait suite à des déclarations prononcées en séance publique à l'automne 2025, lors de conseils municipaux consacrés à la lutte contre l'habitat indigne en centre-ville.

Des propos publics visant nommément la famille Rambeau

Lors du conseil municipal du 22 septembre 2025, diffusé en direct sur YouTube, l'édile a explicitement mentionné la famille Rambeau, propriétaire de plusieurs logements dans la commune. « Je n'y mettrais pas mon chien, sérieux », a-t-il déclaré en évoquant leurs biens immobiliers. Philippe Buisson a associé cette famille à des situations d'habitat qu'il qualifie d'indignes, allant jusqu'à évoquer des pratiques assimilables à celles de « vendeurs de sommeil ».

Ces accusations ont été réitérées lors du conseil municipal du 15 décembre 2025, où le maire a affirmé ne « pas regretter » d'avoir cité certaines personnes. Il a de nouveau mentionné la famille Rambeau, leur reprochant de ne pas avoir répondu à une convocation municipale et les reliant à ce qu'il décrit comme un « habitat social de fait » posant problème.

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La famille Rambeau engage des poursuites judiciaires

La famille visée par ces déclarations a immédiatement réagi en engageant une procédure judiciaire. Selon Vincent Rambeau, leur parc locatif est entretenu depuis plusieurs décennies et n'a jamais fait l'objet d'une condamnation judiciaire pour manquement aux règles de décence ou de salubrité. La famille conteste fermement toute assimilation à des pratiques illégales et estime que les propos du maire sont mensongers, diffamatoires et attentatoires à leur honneur.

L'audience est fixée au 10 février à 13h30 devant le tribunal de Libourne. Philippe Buisson y est cité à comparaître en qualité de prévenu pour diffamation envers particuliers par parole ou moyen de communication au public par voie électronique, des faits présumés commis le 22 septembre 2025.

Le maire maintient sa position et défend son action

Face à ces accusations, le maire de Libourne maintient sa ligne de conduite. « Quand certains ne jouent pas le jeu, il n'est pas question de détourner le regard. Les élus ont une responsabilité », a-t-il déclaré. Philippe Buisson ajoute que « cette affaire sera l'occasion de rappeler ce que fait la collectivité et de mettre en lumière les manquements de ceux qui refusent d'assumer leurs responsabilités, dans le respect du droit et du travail de la justice ».

Un débat entre liberté d'expression et protection de l'honneur

Le tribunal devra désormais trancher une question juridique délicate : déterminer si les propos tenus en séance publique par un élu relèvent de l'expression politique protégée ou s'ils constituent une diffamation pénalement répréhensible. Cette affaire met en lumière les tensions potentielles entre le devoir de transparence des élus locaux et le respect de la réputation des citoyens.

L'enjeu dépasse le simple cadre libournais, car il interroge sur les limites de la parole publique des responsables politiques lorsqu'ils abordent des sujets sensibles comme la lutte contre l'habitat indigne. La décision du tribunal pourrait établir un précédent concernant la responsabilité des élus dans leurs déclarations officielles.

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