Montpellier : lourdes peines pour séquestration dans un trafic de drogue
Lourdes peines pour séquestration à Montpellier

Une première pour la cour d'assises spéciale de l'Hérault

La cour d'assises spéciale de l'Hérault, réunie pour la première fois ce jeudi 5 mars, a rendu un verdict sévère dans une affaire de narcotrafic ayant conduit à l'enlèvement et la séquestration d'une jeune Montpelliéraine. Quatre hommes étaient jugés pour des faits survenus en septembre 2022, dans le cadre d'un réseau de trafic de stupéfiants.

Douze heures de terreur pour la victime

La jeune femme, compagne d'un livreur du réseau, a été enlevée, brutalisée et menacée de mort pendant près de douze heures avant d'être libérée par la BRI de Montpellier dans un appartement du quartier Boutonnet. Quatre ans après les faits, Maria, dont le prénom a été utilisé durant le procès, reste profondément traumatisée par cette expérience.

"Il y a cette omniprésence du narcotrafic dans les chaînes d'infos, les journaux papiers et le débat politique des municipales, à Lyon d'où je viens comme peut-être ici à Montpellier. Les portes de cette enceinte sont solides, j'espère que l'institution résistera", a déclaré Me David Letievant devant cette juridiction nouvellement créée.

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Une juridiction inspirée des procès terroristes

Cette affaire marque la première utilisation de la cour d'assises spéciale dans l'Hérault, une juridiction composée de cinq magistrats professionnels sans jurés populaires, similaire aux procès pour terrorisme. Cette possibilité a été introduite par la loi "visant à sortir la France du piège du narcotrafic", initiée par Gérald Darmanin et votée en 2025, qui permet de juger les infractions criminelles en bande organisée liées au trafic de drogue.

"Aucun d'eux ne s'est comporté comme un homme", a affirmé Me Alexandra Buthion-Rivière, avocate de la partie civile, dénonçant un "manque d'empathie caractérisé" et des "excuses de façade" de la part des accusés.

Réquisitions et plaidoiries passionnées

L'avocate générale Nathalie Bani a requis vingt ans de réclusion criminelle contre les trois principaux accusés, tout en demandant l'acquittement du quatrième, Elhadji Gueye, pour lequel les éléments à charge étaient jugés insuffisants. Elle a justifié sa position en évoquant "la gravité des faits, leur détermination, le mépris témoigné à la plaignante".

En défense, les avocats ont contesté la compétence de cette juridiction spéciale. "Ce trafic de cannabis n'entre pas dans la catégorie de ceux qui relèvent d'une cour d'assises spécialement composée", a argumenté Me Matthieu Conquy, rappelant que d'autres membres du même réseau seraient jugés devant le tribunal correctionnel.

Me Florian Medico a défendu son client en soulignant ses "excuses multiples" et son "comportement exemplaire" en détention, tandis que Me David Letievant s'est indigné : "Vingt ans de réclusion, c'est plus que l'âge qu'il avait au moment des faits ! Si c'est ça la justice de la République française, moi, je jette la robe !"

Verdict après moins de deux heures de délibéré

Après une délibération de moins de deux heures, la cour a rendu son verdict : Elhadji Gueye a été acquitté au bénéfice du doute, tandis que ses trois coaccusés ont été condamnés à 18 ans de réclusion criminelle. Ce jugement lourd envoie un message clair sur la sévérité avec laquelle la justice entend traiter les crimes liés au narcotrafic organisé.

Le ministère public avait particulièrement insisté sur la nécessité d'une réponse répressive face à des faits d'une telle violence, mettant en lumière les conséquences durables pour la victime, toujours marquée quatre ans après son calvaire.

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