Une lourde condamnation pour agressions sexuelles sur mineure à Libourne
Le tribunal judiciaire de Libourne a rendu, mardi 17 février, un verdict sévère dans une affaire d'agressions sexuelles sur une fillette de moins de 10 ans. Christophe Turtaut, 45 ans, a été condamné à trois ans de prison, dont deux assortis d'un sursis probatoire avec exécution provisoire, pour des faits commis entre octobre 2022 et septembre 2024 à Gardegan-et-Tourtirac.
Des déclarations jugées constantes et crédibles
La victime, aujourd'hui âgée de 9 ans, a livré des déclarations que la juridiction a estimées particulièrement solides. L'enquête avait débuté le 30 septembre 2024, lorsque le père de l'enfant s'est rendu à la gendarmerie après que sa fille, alors âgée de 7 ans, a confié à sa grande sœur que le compagnon de sa grand-mère maternelle aurait eu des gestes à caractère sexuel à son encontre.
Lors des auditions, la fillette a décrit avec précision les agressions subies, rapportant notamment que l'homme lui aurait demandé si elle « savait faire l'amour », avant de glisser une main dans son pantalon pour lui toucher les parties intimes. Elle a également évoqué un épisode au cours duquel l'homme lui aurait montré son sexe et lui aurait demandé de le mettre dans sa bouche, déclarant aux enquêteurs : « J'ai juste mis un coup de langue ».
Un contexte familial difficile
Le dossier a mis en lumière un parcours de vie particulièrement compliqué pour l'enfant, marqué par des carences éducatives, des placements successifs dès l'âge de 3 ans, des violences conjugales dans l'environnement familial et de l'alcoolisation massive. Malgré ce contexte, le parquet a souligné la solidité exceptionnelle des propos recueillis.
« Elle maintient la même version à chaque audition. Elle sait faire la part des choses : elle aime aller chez sa grand-mère, elle apprécie la personne mise en cause mais elle exprime clairement ce qui l'a dérangée », a insisté le ministère public lors des débats.
La défense plaide le doute
À la barre, Christophe Turtaut, salarié dans le milieu viticole et sans antécédents judiciaires, a contesté les faits. Il a décrit une enfant « perturbée » et évoqué un conflit familial dans lequel il se dit instrumentalisé. Interrogé par la présidente du tribunal sur l'origine des déclarations, il a répondu : « Elle a forcément vu des choses. Sinon, je ne peux pas expliquer ».
Son avocate a plaidé le doute raisonnable, avançant l'hypothèse d'un enfant exposé trop précocement à la sexualité et des récits pouvant correspondre à des scènes vues plutôt que vécues. « Peut-être raconte-t-elle des choses qu'elle a vues et non subies », a soutenu la défense, soulignant également un sentiment d'insécurité lié à la figure de la grand-mère maternelle.
Une condamnation assortie de multiples obligations
Le tribunal n'a pas retenu cette analyse, estimant les faits parfaitement caractérisés et déclarant le prévenu coupable. Outre la peine d'emprisonnement, la condamnation comprend :
- Une obligation de soins
- L'interdiction de tout contact avec la victime et sa famille
- L'interdiction d'exercer une activité en lien avec des mineurs pendant trois ans
- L'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles et violentes
Cette décision judiciaire intervient dans un contexte où la protection des mineurs victimes d'agressions sexuelles reste une priorité absolue pour les institutions françaises. La présidente du tribunal a résumé la situation en soulignant que, malgré un début de vie compliqué, la parole de l'enfant avait été entendue et crédibilisée par la justice.



