Imbroglio administratif à Villeneuve-Loubet : le patron de la plage Robba Mea perd sa saison
Imbroglio à Villeneuve-Loubet : plage fermée, patron ruiné

Le restaurant de plage Robba Mea, à Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), reste désespérément fermé. Son patron, Steeve Razzante, est pris dans un imbroglio administratif qui lui fait perdre toute la saison estivale 2026. « Je reçois des appels de clients qui me demandent ce qui se passe. Et puis j’ai entendu de tout : que je vendais de la drogue, que j’étais une composante d’une mafia corse », se désole-t-il.

Un permis obtenu, des travaux qui bloquent tout

En 2024, Steeve Razzante remporte l’appel d’offres pour la concession de la plage Robba Mea. Il obtient le permis de construire en avril 2025. Mais dès septembre 2025, les ennuis commencent. « La mairie a commencé des travaux, prévus depuis deux ans, donc bien avant que je ne signe le permis et la concession », raconte-t-il. Le chantier du centre nautique, situé juste à côté, dure six mois, de septembre 2025 à février 2026.

Problème : l’exploitant doit contractuellement démonter sa plage le 15 octobre 2025. Or, les travaux municipaux sont localisés à l’endroit même où il doit faire passer tout le matériel et les engins de démontage. Mail à l’appui, Steeve Razzante indique : « En octobre 2025, la mairie me dit que bien sûr c’est impossible de démonter et me conseille de laisser mes structures sur place ». Le patron arrête d’exploiter son établissement comme convenu dans la concession, met fin aux CDD de ses équipes et résilie son bail pour le stockage hivernal.

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La préfecture met en demeure, la mairie résilie

Le 24 décembre 2025, il reçoit un courrier de mise en demeure de la préfecture lui ordonnant de démonter avant le 15 janvier 2026. « C’était impossible de démonter, car je n’avais plus de stockage, plus de personnel et que pendant les fêtes de Noël, ce n’est pas possible de tout relancer en si peu de temps », explique-t-il. Dans la délégation de service public (DSP), une période incompressible d’un mois pour le montage et le démontage est établie. Il commence à démonter seul, sans employé.

Rien n’est terminé au 15 janvier. « Là, on me dit que je n’ai plus de permis de construire, qu’il a sauté », souffle-t-il. Au tribunal, « un juge dit oui, un autre dit non ». Il redépose un permis en mars 2026, validé par la préfecture le 3 avril 2026. La commission de sécurité passe. Mais le 8 avril 2026, il reçoit une contravention de grande voirie. Le 14 avril, la préfecture demande à la mairie de résilier sa concession. « Pourtant, la mairie a expliqué à la préfecture que c’était indépendant de ma volonté, que c’était à cause des travaux, mais ils ne veulent rien entendre », déplore Steeve Razzante.

« Ils me font tout perdre »

Il a désormais saisi la justice. « Ils me font tout perdre : les investissements, les saisonniers qui attendent, les charges, je n’ai pas de salaire… Alors que je n’y suis pour rien », se désespère-t-il. Son avocat, Me Jean-Noël Governatori, estime que « ce dossier est celui d’un exploitant de plage qui a été empêché d’agir par des obstacles administratifs, avant d’être poursuivi malgré ses alertes ». Il ajoute : « Avec les vacances et la reprise de l’activité balnéaire, l’affaire dépasse le simple contentieux juridique : elle interroge la manière dont l’administration gère concrètement les contraintes imposées aux acteurs économiques du bord de mer ».

Le maire reconnaît le blocage

Dès le 17 décembre 2025, en conseil municipal, le maire de Villeneuve-Loubet, Lionnel Luca, a confirmé les propos de l’entrepreneur. « Il se trouve qu’il ne pouvait pas démonter puisque c’est nous, commune, qui bloquions la sortie de l’accès des éléments de démontage avec les travaux du centre nautique à côté. Il ne pouvait pas accéder à son bâtiment pour le démonter, l’enlever », a détaillé le premier magistrat. « Qui ça gêne ? », a-t-il lancé. « Eh bien non. Il faut quand même qu’il s’expose à la verbalisation », a grogné Lionnel Luca, qui devait encore intercéder auprès du préfet des Alpes-Maritimes pour cet établissement balnéaire sur lequel il n’a eu « aucune récrimination et qui a été plutôt apprécié ».

Contactée, la préfecture des Alpes-Maritimes n’a pas donné suite aux sollicitations.

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