Procès libyen : Hortefeux clame être victime d'un piège, nie toute rencontre avec un terroriste
Hortefeux au procès libyen : 'Piège' et déni de rencontre terroriste

L'ancien ministre nie toute intention lors d'une rencontre controversée en Libye

Ce mercredi 25 mars 2026, l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a comparu devant la cour d'appel de Paris dans le cadre du procès libyen en appel. Il a fermement nié avoir sciemment rencontré un terroriste, affirmant être tombé dans un piège tendu par l'intermédiaire Ziad Takieddine, décédé en septembre 2025.

Une rencontre fortuite ou un rendez-vous prémédité ?

Le 21 décembre 2005, en marge d'un déplacement officiel en Libye, Brice Hortefeux, alors ministre délégué aux Collectivités territoriales, a rencontré à son domicile Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi. Considéré comme le numéro deux du régime libyen, Senoussi faisait à l'époque l'objet d'un mandat d'arrêt français après sa condamnation à perpétuité pour l'attentat contre le DC-10 d'UTA, qui a causé la mort de 170 personnes.

Devant la cour, Hortefeux a déclaré : « Jamais, je n'aurais pris le risque de rencontrer un terroriste ». Il soutient que cette rencontre était imprévue et non souhaitée, résultant uniquement d'une manœuvre de Ziad Takieddine visant à impressionner les autorités libyennes.

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Deux versions contradictoires s'affrontent

L'affaire oppose deux thèses radicalement différentes. D'un côté, Brice Hortefeux présente cette entrevue comme un incident fortuit, une conséquence d'un piège ourdi par Takieddine. De l'autre, l'accusation soupçonne qu'il s'agissait d'un rendez-vous organisé pour finaliser le financement occulte de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

L'ancien ministre a tenté de convaincre les juges que sa présence lors de cette rencontre était purement accidentelle, rejetant toute implication dans des transactions financières illicites. Il a insisté sur le fait qu'il n'aurait jamais consciemment pris un tel risque, mettant en avant son ignorance des intentions réelles de Takieddine.

Un contexte judiciaire chargé

Ce procès en appel intervient après une première condamnation, ravivant les questions sur les relations franco-libyennes et les allégations de financement politique occulte. La défense de Hortefeux se base sur l'absence de preuves directes liant la rencontre à un quelconque accord financier, arguant que l'intermédiaire décédé ne peut plus témoigner pour corroborer ou infirmer les versions.

Les avocats ont souligné le caractère trompeur des actions de Takieddine, dépeint comme un personnage sulfureux ayant manipulé les événements à son avantage. La cour doit maintenant déterminer si la rencontre de 2005 était effectivement un piège ou si elle masquait des motivations plus sombres.

L'issue de ce procès pourrait avoir des répercussions significatives sur la compréhension des réseaux d'influence et des pratiques politiques de l'époque, tout en impactant la réputation de l'ancien ministre.

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