Le Parlement hongrois a approuvé lundi 23 juin un ensemble de mesures destinées à renforcer la lutte contre la corruption, répondant ainsi à une exigence de l'Union européenne pour débloquer des milliards d'euros de fonds gelés. Le vote, acquis par 132 voix pour et 54 contre, marque une étape importante dans le bras de fer entre Budapest et Bruxelles.
Un paquet de lois pour la transparence
Les nouvelles dispositions incluent la création d'une autorité indépendante de lutte contre la corruption, le renforcement des contrôles sur les marchés publics et l'obligation pour les élus de déclarer leur patrimoine. Selon le ministre de la Justice, Judit Varga, ces mesures "garantissent une transparence accrue et alignent la Hongrie sur les standards européens".
Des fonds européens en jeu
L'Union européenne avait conditionné le déblocage de 7,5 milliards d'euros de fonds de cohésion et de 5,8 milliards d'euros du plan de relance à des réformes anti-corruption. La Commission européenne a salué le vote, tout en précisant qu'elle évaluerait la mise en œuvre concrète des mesures avant de libérer les fonds.
Réactions mitigées
L'opposition hongroise a critiqué le texte, estimant qu'il ne va pas assez loin. "Ces lois sont un écran de fumée pour protéger le réseau de corruption du Fidesz", a déclaré Klára Dobrev, députée européenne du parti d'opposition Momentum. De son côté, l'ONG Transparency International a noté des "avancées timides" mais a appelé à une surveillance internationale.
Prochaines étapes
Le gouvernement hongrois devra maintenant nommer les membres de l'autorité anti-corruption et adopter des décrets d'application. La Commission européenne a promis de suivre de près la mise en œuvre, avec un premier rapport attendu dans six mois. Si les réformes sont jugées insuffisantes, les fonds pourraient rester bloqués.



