Un témoignage inédit sur les violences à Bétharram
Hélène Perlant, fille du président du Modem François Bayrou, publie un essai intitulé Dans le déni aux éditions de l'Observatoire. Elle y aborde les violences commises au sein de l'établissement catholique Notre-Dame de Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques, où son père a été scolarisé et dont il a été accusé d'avoir minimisé les faits.
Dans cet ouvrage, Hélène Perlant cherche à comprendre comment l'institution a pu couvrir pendant des décennies des actes de violence, allant de sévices physiques à des agressions sexuelles. Elle interroge le mécanisme du déni collectif qui a permis à ces agissements de perdurer, impliquant à la fois la hiérarchie ecclésiastique et les autorités civiles.
Une réflexion sur la mémoire et la justice
L'auteure, psychologue de formation, ne se contente pas de relater les faits. Elle tente de penser l'inconcevable : comment des adultes, souvent des religieux, ont pu infliger de telles souffrances à des enfants confiés à leur garde. Elle explore les ressorts psychologiques du silence et de l'omission, tant chez les victimes que chez les témoins.
Le livre s'inscrit dans le contexte des révélations qui ont secoué l'Église catholique en France, notamment le rapport Sauvé en 2021 sur les abus sexuels. Hélène Perlant souhaite contribuer à une prise de conscience collective et à une meilleure reconnaissance des traumatismes subis par les victimes.
La position de François Bayrou
François Bayrou, qui a lui-même été élève à Bétharram dans les années 1960, a été accusé par d'anciens pensionnaires d'avoir été informé des violences sans agir. Il a toujours nié avoir eu connaissance de ces faits à l'époque. Dans son livre, Hélène Perlant ne prend pas directement parti pour son père, mais analyse le fonctionnement du déni qui peut toucher même les proches des victimes ou des témoins.
L'essai a suscité des réactions contrastées. Certains saluent le courage de l'auteure de briser un tabou familial, tandis que d'autres estiment que le livre ne va pas assez loin dans la critique des responsabilités. Quoi qu'il en soit, Dans le déni apporte une pierre importante à la compréhension de ces affaires qui ont marqué l'opinion publique.
Un appel à la transparence
Au-delà du cas Bétharram, Hélène Perlant plaide pour une transparence totale des institutions, qu'elles soient religieuses ou laïques, face aux violences commises en leur sein. Elle appelle à une réforme des mécanismes de signalement et à une meilleure protection des enfants. Son livre est aussi un hommage aux victimes, dont la parole a trop longtemps été étouffée.
Cette publication intervient alors que plusieurs enquêtes judiciaires sont en cours concernant Bétharram, et que d'autres établissements catholiques font l'objet de signalements similaires. La parole des victimes se libère peu à peu, mais le chemin vers la réparation est encore long.



