Gourou de Brue-Auriac condamné à 18 ans pour viols sur personnes vulnérables
Gourou condamné à 18 ans pour viols sur personnes vulnérables

La cour criminelle du Var a condamné ce vendredi 3 juillet 2026 Mathieu Farinella à 18 années de réclusion criminelle pour viols par conjoint et sur personnes vulnérables, violences conjugales, abus de faiblesse et soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes. L’accusé, âgé d’une quarantaine d’années, a immédiatement fait part de son intention de faire appel.

Un sourire narquois face au verdict

À l’énoncé du verdict, Mathieu Farinella a affiché un sourire narquois, comme il l’avait fait lors des dépositions des parties civiles. La cour a assorti sa peine d’une période de sûreté des deux tiers, d’un suivi sociojudiciaire de dix ans avec injonction de soins et interdiction de contact avec les victimes, ainsi que d’une interdiction de séjour dans la région Paca et les Pyrénées-Orientales pendant dix ans à sa sortie.

Des pratiques mystiques pour asservir ses compagnes

Entre 2012 et 2022, Mathieu Farinella, adepte de médecine chinoise et de pratiques mystiques, a violé et battu quatre compagnes, principalement à Brue-Auriac et Saint-Maximin. Deux d’entre elles ont raconté avoir adhéré à sa « vision du monde ésotérico-complotiste », selon Me Jean-Baptiste Cesbron en partie civile, et avoir perdu pied avec la réalité. Elles vivaient dans une caravane ou une grange sans eau ni électricité, subissaient des humiliations quotidiennes, allaient jusqu’à manger des excréments de chats ou avoir le vagin enduit de harissa.

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Le parquet dénonce un mécanisme de domination

L’avocate générale Adeline Réau a comparé l’accusé au loup de la fable de La Fontaine face à des « sorcières », expliquant que « les mots changent mais le mécanisme est le même : créer une faute imaginaire pour légitimer une domination bien réelle ». Selon l’accusation, les pratiques néo-religieuses de Farinella visaient à « s’approprier le libre arbitre » de ses compagnes et à assouvir sa soif de contrôle, les victimes étant en « anesthésie affective ».

La défense conteste la notion d’emprise

En défense, Me Lucille Baratte a plaidé que « la souffrance, même réelle, n’est pas une preuve. L’émotion non plus. Et l’emprise, qui n’est pas constitutive d’une peine pénale, est servie à toutes les sauces ». Me Lionel Ferlaud a ajouté que les parties civiles étaient libres de leurs mouvements, avaient téléphone, voiture et travail, et que « quand c’est compliqué, ça doit profiter à l’accusé ». L’accusé a déclaré lors de ses derniers mots : « La brutalité des relations décrites pendant ces trois jours de procès n’est pas la réalité qu’on partageait à l’époque autour de la notion de couple sacré. Je n’ai jamais joué avec personne, je n’ai jamais menti à personne. »

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