Deux gendarmes jugés pour insultes racistes et salut nazi dans une vidéo au Pays basque
Gendarmes jugés pour insultes racistes et salut nazi en vidéo

Deux hommes en uniforme de gendarmerie jugés pour des propos racistes et un salut nazi

Une affaire choquante impliquant des insultes racistes et un salut nazi proférés par deux hommes vêtus d'uniforme de gendarmerie secoue le Pays basque. Les faits, filmés lors d'une fête locale, ont été largement diffusés sur les réseaux sociaux, provoquant une vive émotion et une réaction rapide des autorités judiciaires.

Une vidéo virale aux conséquences judiciaires immédiates

La vidéo, initialement privée, a été rendue publique par le groupe antifasciste Ipeh Antifaxista. On y voit clairement deux hommes en tenue de gendarmerie prononcer des insultes racistes ciblant des personnes d'origine maghrébine, avant d'effectuer un salut nazi accompagné du cri « Heil ». Les propos tenus sont d'une violence rare : « Lui, c'est un monstre, il a attrapé trois bougnoules ce soir ! » lance le premier, auquel le second répond « Trois Arabes en moins ! » avant de conclure par un « Viva la France » ironique.

La scène s'est déroulée lors d'une « soirée bleue » organisée par le comité des fêtes de Guiche, un petit village basque d'environ 1 000 habitants. Les organisateurs de l'événement ont immédiatement condamné ces comportements inacceptables.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une enquête rapide et des poursuites judiciaires

Dès le vendredi 20 mars, alertée par la vidéo devenue virale, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a saisi le parquet de Bayonne. Une enquête préliminaire a été ouverte et confiée à la Section de Recherches de la Gendarmerie de Pau, démontrant la gravité avec laquelle les autorités ont pris cette affaire.

Cinq personnes ont été auditionnées librement dans le cadre de cette enquête. Elles ont fait l'objet d'un avertissement pénal probatoire pour le délit de port illégal d'uniforme. Cependant, les deux principaux protagonistes de la vidéo ont subi des mesures bien plus sévères.

Des prévenus placés sous contrôle judiciaire strict

Les deux hommes, âgés de 26 et 27 ans, ont été placés en garde à vue dès le 21 mars. Déférés devant un magistrat du parquet de Bayonne le lundi 23 mars, ils ont reçu une convocation par procès-verbal les appelant à comparaître devant le tribunal judiciaire de Bayonne le 8 septembre prochain.

En attendant leur procès, ils ont été placés sous contrôle judiciaire avec des conditions strictes : interdiction de sortir du territoire national et obligation de pointage régulier. Ces mesures visent à garantir leur présence au procès tout en limitant les risques de récidive.

Des charges graves et un procès attendu

Les deux prévenus devront répondre de deux chefs d'accusation particulièrement graves : « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine, de l'ethnie, de la nation, de la race ou de la religion » et « port illégal d'uniforme ». Le parquet de Bayonne a précisé que l'un des deux hommes « fait partie de la réserve opérationnelle sans contrat d'engagement auprès de la gendarmerie », ce qui ajoute une dimension institutionnelle à cette affaire déjà sensible.

Le procès, prévu pour le 8 septembre à Bayonne, sera particulièrement scruté. Il intervient dans un contexte national de vigilance accrue contre les discours de haine et les symboles nazis, et pourrait servir de jurisprudence pour des cas similaires. L'institution de la gendarmerie, ébranlée par ce scandale, suivra également attentivement les développements judiciaires.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale