Gard : l'Église pillée par des intégristes a récupéré tous ses meubles
Gard : l'Église pillée par des intégristes a récupéré ses meubles

Le 5 juillet dernier, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, une communauté catholique intégriste non reconnue par le Vatican, avait emporté sans autorisation de nombreux meubles et statues de l'église de La Vernarède, dans les Cévennes gardoises. La justice avait fixé au 15 juillet la date limite pour une restitution volontaire. Finalement, c'est avec quelques jours d'avance que les objets ont été rendus.

Une restitution sous surveillance

Ce vendredi 11 juillet, des déménageurs mandatés par la branche avignonnaise de la Fraternité Saint-Pie X ont réintégré dans l'église l'ensemble des biens subtilisés : statues religieuses, confessionnaux, bénitiers et autres éléments du mobilier. L'opération s'est déroulée en présence de la gendarmerie, d'un représentant du diocèse de Nîmes et du maire de La Vernarède, Christian Miaille. Selon ce dernier, les objets ont été entreposés dans une partie de l'église protégée des infiltrations, sous une bâche, en attendant une solution durable.

La mairie reconnaît une erreur

Le maire a admis une méconnaissance des procédures administratives : la commune, propriétaire de l'église et de son mobilier, aurait dû obtenir l'accord préalable de la préfecture du Gard et du diocèse avant tout déménagement. Il précise que la mairie n'a pas fourni les clés le jour du transfert et que celui-ci a été initié par l'association de sauvegarde de l'église. La municipalité justifie son geste par la volonté d'aider la communauté à équiper un lieu de culte dans le Vaucluse.

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Un problème plus large d'entretien

L'église de La Vernarède, en très mauvais état, menace ruine. La commune de 360 habitants, avec une fréquentation religieuse très faible (environ cinq paroissiens réguliers), estime irréaliste d'engager un million d'euros pour sa restauration sans soutien financier extérieur. Cette affaire relance le débat sur l'entretien des édifices religieux par les communes.

L'enquête judiciaire se poursuit

Le parquet d'Alès avait ouvert une enquête pour vols, dégradations et abus de confiance. Le procureur Abdelkrim Grini se réjouit de la restitution rapide, évitant une dispersion des biens. Cependant, l'enquête n'est pas close : les auditions menées par la gendarmerie de Génolhac se poursuivent. Aucune garde à vue n'a été demandée. Le procureur décidera des suites judiciaires après réception du rapport complet.

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