Depuis le 6 juillet 2026, environ 800 personnes de la communauté des gens du voyage ont investi le grand pré de Levens, une commune de 5 513 habitants située dans l'arrière-pays niçois. L'installation, qui doit durer jusqu'au 24 juillet, comprend quelque 170 caravanes à double essieu, auxquelles s'ajoutent des caravanes de stockage, des annexes pour les enfants et jusqu'à trois voitures par famille. Le maire, Antoine Véran, exprime sa lassitude : « Ça commence à faire beaucoup, même si on a l'habitude. »
Un accueil concentré sur une seule commune
Hormis en 2025, où la préfecture avait accordé une année de coupure, le site est occupé chaque été. Selon le maire, « on a des nouvelles familles qui sont encore arrivées ce week-end. Tout ça parce qu'il n'existe toujours aucune aire de grand passage dans le département. L'État doit prendre ses responsabilités. » Il interpelle la Métropole Nice Côte d'Azur, présidée par Éric Ciotti, qu'il dit être un ami : « J'espère qu'il nous soutiendra. Ça se passe bien mais à chacun de les accueillir. À Saint-Laurent-du-Var, La Trinité ou Tourrette-Levens, il y a de la place. On ne peut pas toujours être les seuls à accueillir. »
Des infrastructures sous tension
L'afflux de véhicules provoque des embouteillages aux heures de pointe. Les réseaux d'eau et d'électricité tournent à plein régime. Le coût pour la collectivité est élevé : la Métropole dépense 73 419,38 euros, contre une participation de 20 euros par caravane et par semaine. « Ça fait un certain déficit », ironise le maire. Il rappelle que Levens est concernée par l'accueil des gens du voyage en tant que commune de plus de 5 000 habitants, mais déplore un manque de choix : « Personne n'a attendu que ce seuil soit franchi pour que le pré soit réquisitionné… On ne m'a jamais vraiment laissé le choix. Et face aux caravanes, ça ne sert à rien de s'opposer : en cas de refus, ils bloquent tout. »
Une cohabitation globalement apaisée
Malgré ces difficultés, les relations avec les habitants restent bonnes. « Le courant passe bien », selon l'édile. Quelques voisins se plaignent des prêches répétitifs de l'église évangélique Vie et Lumière, mais la sono est coupée vers 23h30. Aucun incident majeur n'est à déplorer. Le maire salue le rôle des pasteurs : « Tout passe par les pasteurs. À la fin des cultes, ils remontent mes messages. » Lors d'une visite, Nice-Matin a pu entendre les consignes données : « Surveiller bien les petits sur le terrain de foot ; les pompiers ont dit que les caravanes sont bien alignées, ils peuvent passer avec les camions ; dites à vos proches qui veulent nous rejoindre que nous sommes déjà trop nombreux, nous n'accepterons personne. »
Des retombées économiques locales
Dans le village, les commerçants se réjouissent de cette clientèle. Au tabac, les paquets de cigarettes se vendent bien. Anthony, cogérant du bar Le Masséna, témoigne : « J'ai des habitués ! Ils viennent boire un coup, regarder le match de foot ou faire leurs paris sportifs. Franchement, ça met une bonne ambiance sur la place. » Il a même été invité à une prêche. Le maire conclut : « Ils sont très tournés vers la famille. Tout le monde, ici, respecte ça. »



