Frontignan : des riverains saisissent la justice contre un projet de 30 logements
Frontignan : recours contre 30 logements

Un collectif d'habitants de Frontignan a décidé de saisir le tribunal administratif pour contester un projet immobilier de 30 logements situé chemin de la Calade. Jeudi 28 août, ils se rendront à Montpellier pour rencontrer leur avocat, maître Tom Schneider, spécialiste en droit de l'urbanisme, en vue du dépôt d'un recours en contentieux.

Une banderole pour dire non au béton

Une banderole « Non au béton ! » est déployée sur le mur d'une villa voisine, à proximité d'une vigne de muscat classée AOC. C'est Eric, un riverain expert en immobilier, qui a découvert le panneau de permis de construire le 7 juillet 2025 en sortant de chez lui. « Je suis allé voir à quoi il correspondait. C'est en consultant l'affichage public que j'ai compris ce qui se passait », explique-t-il.

Depuis le 30 juillet, les habitants du quartier sont vent debout contre ce programme immobilier porté par le promoteur montpelliérain Corim. Le permis de construire a été délivré le 4 juin 2025 pour un immeuble de deux étages, soit 9 mètres de haut, comprenant 30 logements T3 et T4 et 30 places de stationnement.

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Les craintes des riverains

Les habitants redoutent « une perte significative d'ensoleillement et d'intimité, ainsi qu'un trouble à la vie privée et familiale ». Une résidente s'interroge : « On a tous des piscines et des terrasses. Comment gérer les vis-à-vis ? » Roger prédit : « Il va y avoir des vues sur nos bassins. »

Eric Albert, qui a lancé l'alerte, s'inquiète de la perte de valeur des biens : « Toutes les personnes impactées ont un bien. Avec cet immeuble qui va nous tomber dessus, la valeur de nos biens diminue de moitié. » Claude, habitant rue de la Calade, déclare : « Au minimum, je vais avoir six balcons juste au-dessus de moi. »

Christophe évoque un risque de « trouble à l'ordre public, à la tranquillité publique et à la salubrité publique », ainsi que des problèmes de circulation sur une zone déjà accidentogène : « Le chemin de la Calade n'est pas large. On ne peut pas se croiser à deux voitures et il n'y a aucun stationnement possible. »

La position de la mairie

Les riverains ont été reçus par l'adjoint à l'urbanisme et espèrent rencontrer le maire. La Ville rappelle les contraintes foncières liées au recul du trait de côte et explique que les terrains constructibles sont rares : « Des dents creuses, des petits terrains où on peut faire de petits collectifs. Mais dès qu'un projet voit le jour, on se retrouve confrontés aux voisins qui ne veulent pas d'immeubles. »

La collectivité souligne également l'obligation légale de 25 % de logements sociaux (loi SRU), alors que Frontignan n'atteint que 20 %, avec 1 200 demandes en attente. « Il reste de la marge de progression », indique-t-on en mairie.

La défense du promoteur

Dans un échange de courriers, le cogérant de Corim défend son projet : « Il a été conçu avec le souci d'une intégration harmonieuse dans son environnement tout en garantissant la préservation de l'intimité de chacun, dans le respect des règles d'urbanisme en vigueur. » Le promoteur n'exclut pas une rencontre avec le voisinage pour présenter le projet en détail.

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