À Baillargues, dans l'Hérault, la fête votive bat son plein avec son incontournable abrivado, une tradition camarguaise où des taureaux sont lâchés dans les rues. Pour un journaliste originaire de Normandie, le spectacle est pour le moins surprenant, comme il le raconte dans un récit publié par Midi Libre.
Un panneau qui annonce la couleur
« Danger. Lâcher de taureaux et de chevaux dans les rues », peut-on lire sur les panneaux à l'entrée du village de Baillargues. Un avertissement que l'on ne voit pas dans le nord de la France, et qui suffit à faire passer les Héraultais pour des fous aux yeux d'un « Nordiste ». Pourtant, le journaliste Baptiste Domergue, installé dans l'Hérault depuis l'âge de 17 ans, a décidé de retourner à Baillargues avec sa casquette de journaliste pour vivre la fête de l'intérieur.
Suivez le crottin pour trouver le cœur de la fête
Dès les premiers lotissements, les voitures s'entassent le long des trottoirs. Pour se guider, pas de cailloux comme le Petit Poucet, mais du crottin : « Suivez le crottin et vous arriverez à point », conseille le journaliste. L'odeur, naturellement, va de pair. Les grandes barrières rouges signalent l'entrée du cœur de ville, où les habitants à l'accent chantant s'agglutinent autour des grilles pour trouver la meilleure place. Au niveau de la mairie, la peña, tout de blanc vêtue avec ses foulards rouges, entonne des musiques festives et entraînantes.
L'abrivado, une tradition camarguaise
L'abrivado est une tradition camarguaise qui consistait à conduire les taureaux des prés jusqu'aux arènes, où les bêtes participaient à des courses. Le parcours se faisait sous la surveillance des « gardians », des manadiers à cheval. Aujourd'hui, pour perpétuer la tradition, on amène les bêtes en camion directement dans le village. Les messages d'alerte retentissent dans les enceintes pendant de longues minutes, en français, anglais, espagnol et occitan. La pression monte.
Le coup de feu retentit, les taureaux surgissent
Quatre taureaux surgissent du camion, les gardians parés de leurs chemises colorées se lancent devant eux sur leurs chevaux au galop. Le spectacle est impressionnant, mais ce qui surprend le plus le Normand, ce sont les enfants. Loin d'être à l'abri derrière les barrières, ils courent après les taureaux, leur attrapent les cornes et leur tirent la queue. Ce sont les attrapaïres. Leur but : immobiliser un taureau, voire le faire se retourner pour créer une « échappée ». Pour cela, deux options : tirer par la queue ou sauter sur la bête, s'accrocher à ses cornes et faire contrepoids avec son corps. « Personnellement, j'ai toujours opté pour l'option 3 : le laisser cavaler », plaisante le journaliste.
Une fête de village comme on en fait partout, mais en mieux
L'abrivado n'est qu'une des nombreuses animations des fêtes votives. Il y a aussi l'encierro, le bandido, et autant de mots en « o » qu'il y a de taureaux pour vous courir après. Mais une fois la course terminée, l'ambiance festive reprend ses droits : bars, petite restauration, concerts, jeux… « Une fête de village comme on en fait partout, mais en mieux, je l'avoue », conclut Baptiste Domergue.



