L'ancien Premier ministre François Fillon a été suspendu de la Légion d'honneur pour une durée de dix ans, selon un décret publié au Journal officiel le jeudi 19 août 2026. Cette décision intervient plus d'un an après sa condamnation définitive dans le dossier des emplois fictifs de son épouse Pénélope, connu sous le nom de « Penelopegate ».
Une suspension qui s'étend à l'ordre national du Mérite
Le décret, signé par le Président de la République, précise que « M. François Fillon, né le 4 mars 1954 au Mans (Sarthe), est suspendu pour une durée de dix ans […] de l'exercice des droits et prérogatives attachés à sa qualité de grand officier de la Légion d'honneur ». Parallèlement, un autre décret publié le même jour le suspend également pour dix ans de l'ordre national du Mérite, dont il est grand'croix.
François Fillon, ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012, avait été candidat à l'élection présidentielle de 2017. Dans cette affaire, il avait été éliminé dès le premier tour avec 20 % des voix.
Une condamnation définitive après trois procès
Le 17 juin 2025, la cour d'appel de Paris a condamné l'ex-locataire de Matignon à l'issue d'un troisième procès. La peine prononcée comprend quatre ans de prison avec sursis, une amende de 375 000 euros et cinq ans d'inéligibilité. François Fillon avait initialement formé un recours avant de s'en désister, rendant ainsi sa peine définitive.
Cette condamnation fait suite à l'affaire des emplois fictifs de son épouse Pénélope, qui avait défrayé la chronique lors de la campagne présidentielle de 2017. Pénélope Fillon a également été définitivement condamnée dans cette affaire.
Une procédure disciplinaire distincte de la peine judiciaire
La suspension des décorations honorifiques est une procédure administrative distincte de la condamnation pénale. Elle intervient après que la justice a prononcé une peine définitive, conformément aux règles régissant l'ordre de la Légion d'honneur et l'ordre national du Mérite. Ces sanctions disciplinaires peuvent être prononcées pour des faits contraires à l'honneur ou à la probité, comme c'est le cas dans cette affaire d'emplois fictifs.
François Fillon avait proposé, sept ans après l'affaire Pénélope, de verser 700 000 euros à l'Assemblée nationale pour « rendre l'argent », mais cette proposition n'a pas modifié le cours de la procédure judiciaire. La suspension de ses décorations constitue une conséquence supplémentaire de sa condamnation, marquant la fin d'un long feuilleton judiciaire et politique.



