Eurodrone : Dassault réclame une compensation à Airbus après des désaccords
Eurodrone : Dassault réclame compensation à Airbus

Les désaccords persistent entre les deux géants de l'aéronautique. Selon trois sources proches du dossier citées par Reuters, l'entreprise française Dassault réclame une compensation au groupe européen Airbus après des modifications apportées aux modalités de répartition des travaux du programme Eurodrone.

Un désaccord sur la charge de travail

Le différend porte sur la diminution de la charge de travail attribuée à Dassault suite à la décision française de suspendre les achats d'Eurodrone. Ce drone, développé par la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne, vise à concurrencer le Reaper américain. Lancé en 2016, le programme Eurodrone prévoit le développement d'un drone de surveillance MALE (moyenne altitude, longue endurance) à l'horizon 2030-2031. Airbus Defence and Space (ADS) mène le projet aux côtés de Dassault Aviation et de l'italien Leonardo.

L'Eurodrone jugé moins adapté

Bien que Paris n'ait pas officiellement quitté le programme, estimé à 7 milliards d'euros, le projet d'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) retire les fonds prévus pour l'achat de six systèmes Eurodrone d'ici 2035. Le gouvernement justifie cette décision en indiquant que le besoin militaire pour une capacité MALE de théâtre a été réorienté, l'Eurodrone étant jugé "aujourd'hui moins adapté" aux conflits de haute intensité, tandis que des drones "de moindre coût" sont en développement.

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En vertu du principe européen du "retour géographique", les États participants à des programmes industriels garantissent que les contrats avec leur industrie nationale soient proportionnels à leur investissement. Sans engagement gouvernemental, les sociétés françaises impliquées dans l'Eurodrone sont perdantes. Dassault Aviation a donc demandé à être dédommagée par Airbus, chef de file du projet, pour une partie des investissements perdus.

Airbus a déclaré n'avoir rien à ajouter aux commentaires de son patron Guillaume Faury en avril, selon lesquels le projet Eurodrone pourrait avancer avec une configuration légèrement différente en raison du changement de position du ministère français des Armées.

Des tensions entre cultures industrielles

Ce différend illustre les tensions entre les deux groupes après l'échec du projet franco-allemand de système de combat aérien du futur (Scaf) et la difficulté pour l'Union européenne de mener des programmes de coopération militaire. Dassault et Airbus, représentant deux cultures industrielles opposées, ont vu leur relation se détériorer fortement cette année.

L'incapacité à s'entendre sur la gouvernance de la prochaine étape du Scaf a conduit à l'effondrement de ce programme. Cependant, contrairement au Scaf, l'Eurodrone est à un stade avancé de développement, ce qui rend les conséquences contractuelles d'une éventuelle rupture très différentes. Une source proche du dossier note que, bien que les discussions sur les deux programmes soient distinctes sur le papier, elles restent liées sur les plans "psychologique et politique".

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