Une enquête préliminaire pour prise illégale d'intérêts a été ouverte à Marseille, visant Renaud Muselier, le président (LR) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'information, révélée par Mediapart et confirmée par le parquet de Marseille, fait suite à un signalement de l'association anticorruption Anticor.
Les faits reprochés
Selon le signalement d'Anticor, daté du 10 juin 2026, Renaud Muselier est soupçonné d'avoir favorisé une société de conseil, la SAS Alcimed, dans l'obtention de marchés publics régionaux. L'association pointe des liens entre l'élu et cette entreprise, notamment via son directeur général, qui aurait été un proche collaborateur de Muselier.
Le parquet de Marseille a ouvert une enquête préliminaire le 8 juillet, confiée à la division économique et financière de la police judiciaire. Les investigations devront déterminer si Muselier a participé à des décisions dans lesquelles il avait un intérêt personnel.
Les réactions de l'élu
Renaud Muselier a immédiatement réagi, dénonçant une "instrumentalisation politique" de la justice. Dans un communiqué, il affirme : "Je n'ai jamais eu à connaître de marchés attribués à Alcimed, et je conteste formellement toute prise illégale d'intérêts." Il rappelle également qu'il a lui-même saisi la justice en 2025 pour des accusations similaires, qu'il estime calomnieuses.
Le contexte politique
Cette enquête intervient à quelques mois des élections régionales de 2027, où Renaud Muselier brigue un nouveau mandat. L'opposition de gauche et écologiste a salué l'ouverture de l'enquête, réclamant "la transparence sur l'utilisation des fonds publics".
Anticor, à l'origine du signalement, se félicite de cette décision. "C'est une étape importante pour la probité de la vie publique", a déclaré son président, Jean-Christophe Picard. L'association avait déjà signalé plusieurs élus régionaux pour des faits similaires.
Les précédents
Ce n'est pas la première fois que Renaud Muselier est visé par des accusations. En 2023, une enquête pour favoritisme avait été classée sans suite. Plus récemment, en 2025, il avait porté plainte pour diffamation après des allégations de malversations.
L'enquête en cours pourrait durer plusieurs mois. Si les faits étaient avérés, Muselier encourrait jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 500 000 euros d'amende.



