L’affaire de l’Ehpad « Les Jardins d’Inès » de Cagnes-sur-Mer entre dans une nouvelle phase. Le tribunal de Grasse a fixé l’audience au 21 octobre 2026. La famille de Jacques Ovadia, ancien résident décédé le 8 février 2025, a officiellement assigné l’établissement ainsi que le groupe Emeis, ex-Orpéa.
Selon l’assignation que notre rédaction a pu consulter, la procédure porte sur la responsabilité civile de l’exploitant. La famille, représentée par Maître Gérard Baudoux, dénonce une succession de manquements dans la prise en charge du résident. Le document évoque notamment un amaigrissement de plus de 20 kg durant le séjour.
Cette procédure fait suite à l’enquête menée en 2024 par notre reporter Grégory Leclerc. Plusieurs signalements de négligence avaient été recueillis, et des proches de résidents estimaient que certains décès étaient suspects.
Dans les Alpes-Maritimes, cet établissement avait attiré l’attention des autorités sanitaires. Après la publication de l’enquête, l’Agence régionale de santé (ARS) et le conseil départemental ont réalisé une inspection conjointe le 4 décembre 2024.
Des constats inquiétants lors du contrôle inopiné
Ce contrôle inopiné a conduit à des constats sévères. Selon l’ARS, le rapport relève « la fragilité des ressources humaines », avec « un taux de rotation important des soignants et de l’encadrement ». Il a été décidé de suspendre les admissions afin de permettre à l’établissement de stabiliser ses effectifs soignants et de renforcer la présence auprès des résidents.
Le groupe Emeis, alors interrogé, avait admis que l’établissement « a connu des difficultés », évoquant « une instabilité managériale, des problèmes de recrutement et des difficultés relationnelles au sein de l’équipe ». Pour l’exploitant, ces éléments « ont pu complexifier le travail et accentuer le turnover sur la période ».
Emeis conteste l’image d’un établissement à la dérive
Le groupe rejetait toutefois l’idée d’une « maltraitance » généralisée. Il préférait parler de « sous-traitance », tout en reconnaissant des difficultés internes. Cette position avait été exprimée à la suite de l’enquête de 2024 et reste sa ligne de défense à l’approche de l’audience.
Sollicité par notre rédaction en juillet 2026, le groupe Emeis a répondu qu’il ne pouvait commenter une procédure judiciaire en cours : « Nous ne pouvons commenter une procédure judiciaire en cours et ne pourrons par conséquent formuler aucune réponse relative à ce dossier. »
Une audience décisive en octobre 2026
Le tribunal de Grasse devra donc examiner les éléments de l’assignation, notamment la chronologie des faits et les manquements allégués. La famille de Jacques Ovadia espère que cette audience permettra de faire la lumière sur les conditions de prise en charge de l’ancien résident. La décision du tribunal est attendue après l’audience du 21 octobre 2026.



