Dunkerque : 18 mois de prison ferme pour un passeur de migrants en taxi-boat
Un jeune homme a été condamné vendredi à 18 mois de prison ferme par le tribunal judiciaire de Dunkerque, dans le Nord. Trois jours plus tôt, il avait été intercepté par la gendarmerie maritime alors qu'il pilotait une embarcation en vue d'une tentative de traversée clandestine de la Manche.
Un Iranien de 18 ans déclaré coupable
Déclarant être de nationalité iranienne et âgé de 18 ans, l'individu a été reconnu « coupable d'aide à l'entrée et au séjour irrégulier ». En plus de sa peine d'emprisonnement, il a été condamné à une interdiction du territoire français pendant cinq ans.
L'un des onze passagers qu'il transportait au moment de l'interception du canot au large du port de Dunkerque, un Afghan âgé de 19 ans, a également été condamné. Il écope de six mois de prison et de dix ans d'interdiction du territoire. Il se trouvait en effet « en violation » d'une interdiction identique déjà prononcée à son encontre, précise le parquet.
Les dix autres personnes à bord ont été prises en charge par l'autorité administrative au titre de leur séjour irrégulier.
Le phénomène des « taxi-boats »
Les investigations diligentées par l'Office de lutte contre le trafic illicite de migrants, sous la direction du parquet de Dunkerque, ont permis « de démontrer que ce bateau devait aller récupérer d'autres personnes sur le littoral, afin de les acheminer ensuite au Royaume-Uni », selon le parquet.
Appelé « taxi-boat », ce mode opératoire très prisé des passeurs consiste à mettre à l'eau des embarcations à l'abri des regards, notamment depuis des fleuves côtiers à l'intérieur des terres. Cette méthode vise à échapper à la surveillance des forces de l'ordre près des principales plages d'embarquement de migrants.
Deuxième interception de ce type
Selon l'association d'aide aux migrants Utopia 56, il s'agirait de la deuxième interception connue à ce jour d'une embarcation de migrants par les forces de l'ordre sur le littoral français. Une nouvelle doctrine d'intervention en mer a été fixée fin 2025 par la France après des mois de discussions avec le Royaume-Uni, afin de contrer le phénomène des « taxi-boats ».
En janvier, une première interception de ce type avait été observée par l'association d'aide aux migrants sur un canal menant à la mer à Gravelines, près de Dunkerque. Auparavant, les interceptions en mer visaient uniquement à porter secours aux embarcations en difficulté.
Cette affaire illustre la montée en puissance des stratégies de contournement employées par les réseaux de passeurs, ainsi que la réponse judiciaire et policière renforcée mise en place par les autorités françaises et britanniques pour lutter contre ces traversées illégales de la Manche.



