Une avancée majeure dans l'enquête sur un assassinat emblématique
L'enquête sur l'assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille connaît une avancée significative avec le placement en garde à vue de dix personnes. Ce jeune homme de 20 ans, totalement étranger au trafic de drogue et inconnu des services de police et de justice, avait été abattu de plusieurs balles en plein après-midi le 13 novembre 2025 dans la cité phocéenne. Sa mort avait provoqué une onde de choc dans la région.
Une famille marquée par la violence du narcotrafic
La famille Kessaci est tragiquement familière des violences liées au trafic de drogue. En 2020, le grand frère Brahim, impliqué dans le trafic, avait été retrouvé carbonisé. Aujourd'hui, Amine Kessaci, frère de Mehdi et devenu un symbole de la lutte contre ces violences, vit sous protection policière depuis l'été dernier. Le militant écologiste et anti-drogue, âgé de 22 ans, vient d'être élu en troisième position sur la liste de gauche hors LFI du maire Benoît Payan à Marseille, face au Rassemblement national.
Une enquête menée par des magistrats spécialisés
Le parquet national anti-criminalité organisée, créé en janvier à Paris pour piloter les investigations les plus complexes liées au narcotrafic, mène désormais cette enquête sensible. Les dix interpellations ont eu lieu dans la région marseillaise et dans l'Hérault, représentant les premières arrestations dans ce dossier particulièrement suivi.
Contexte judiciaire tendu à Marseille
Ces gardes à vue interviennent le jour même de l'ouverture d'un procès sous très haute sécurité à Aix-en-Provence, où six hommes sont jugés dont trois chefs présumés de la DZ Mafia. Parmi les accusés se trouve Amine Oualane, surnommé Mamine, qui constitue selon une source proche du dossier une des pistes étudiées dans l'assassinat de Mehdi Kessaci. Il est également soupçonné d'être impliqué dans le meurtre de Brahim Chabane, demi-frère des Kessaci, lors d'un triple homicide fin 2020.
Lutte contre le narcobanditisme marseillais
Le narcobanditisme a coûté la vie à 17 personnes en 2025 à Marseille, selon les autorités, un chiffre en baisse par rapport aux 24 morts de 2024 et au funeste record de 49 victimes en 2023. Pour tenter d'enrayer ce phénomène, la justice a lancé début mars une vaste offensive contre la DZ Mafia avec 42 gardes à vue et 26 mises en examen, dont deux rappeurs et un avocat. Cette opération d'ampleur a mobilisé 900 gendarmes et visait les principaux chefs présumés de cette organisation criminelle dont les activités s'étendent bien au-delà de Marseille.
Le dossier de l'assassinat de Mehdi Kessaci reste l'un des plus sensibles traités par le parquet national anti-criminalité organisée, illustrant la complexité et la violence persistante du narcotrafic dans la région marseillaise.



