Les derniers condamnés à mort exécutés en France avant l'abolition
Derniers condamnés à mort exécutés en France

Ce 9 octobre 2025, la France inscrit un nouveau nom parmi les grands de sa République en faisant entrer Robert Badinter au Panthéon. Le choix de cette date n'est pas anodin ; c'est celle du vote de la loi du 9 octobre 1981 qui a mis fin à la peine de mort. En érigeant Robert Badinter dans la mémoire nationale ce jour-là, la France souligne que ce combat pour la vie est désormais constitutif de son identité.

Hamida Djandoubi guillotiné

Cette entrée au Panthéon permet aussi de se remémorer ce passé avec toute sa violence et rappelle qu'il y eut un dernier condamné à mort exécuté en France le 10 septembre 1977. Il s'appelait Hamida Djandoubi, avait été guillotiné à la prison des Baumettes à Marseille le 10 septembre 1977, pour l'assassinat, le viol et la torture de son ancienne compagne. Il avait 28 ans. Le récit de ses dernières heures est glaçant. On l'avait réveillé peu avant 4 heures du matin. Amputé, il avait mis sa prothèse, et selon ses dernières volontés, fumé deux cigarettes et bu un verre de rhum. Dans le silence de la cour de la prison, une vingtaine de personnes avait assisté à sa décapitation. Monique Mabelly, doyenne des juges d'instruction, avait décrit la scène : la lame, le sang, la tête qui bascule et le gardien qui avait rincé les traces avec un tuyau d'arrosage. Après lui, d'autres ont été condamnés à mort mais jamais exécutés.

Henri Bourdon décapité

En Occitanie, les bourreaux ont officié pour la dernière fois à Rodez, le 4 avril 1936. Henri Bourdon a été le dernier à avoir la tête tranchée pour meurtre. Il avait assassiné la petite Josette, 8 ans, la fille du fermier qui l'employait à Tournemire. Il avait été renvoyé par son patron. Le jour même, pris de colère et de rancœur, il avait poignardé la petite fille. Une vengeance, selon lui, pour les conditions sordides dans lesquelles il était hébergé et traité. Bourdon aurait déclaré : "J'ai voulu me venger, voilà tout ! Et puis, j'ai pris la petite fille aussi parce que c'est mon goût, cela est ma passion." Le jury n'avait pris que dix minutes pour rendre son verdict : Bourdon avait été reconnu coupable sans circonstances atténuantes et la peine de mort prononcée. Ni la cour de cassation, ni la demande de grâce n'avait changé quoi que ce soit.

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C'est le "célèbre" bourreau Anatole Deibler qui avait activé le coup fatal. Il était arrivé par le train en gare de Rodez avec sa guillotine en pièces détachées. Elle avait ensuite été acheminée sur les lieux de l'exécution et assemblée par Deibler et ses assistants. Bourdon voulait que sa tête soit tranchée sur la place de Tournemire, le village où il avait commis son crime. Mais son souhait n'avait pas été exaucé et il avait été exécuté impasse des Capucins, à Rodez, entre la prison et l'hôpital. À 5 heures 05 du matin, Bourdon avait été placé sur la place. On raconte qu'il aurait eu un dernier mouvement, tentant peut-être une dernière résistance. Il avait été remis dans la position correcte du condamné et dans les secondes qui suivent sa tête avait été tranchée.

Un siècle plus tôt le 18 août 1843, Marie-Jeanne Nayrolles fut la dernière femme exécutée dans l'Aveyron. Elle avait étranglé sa belle-sœur parce qu'elle avait rédigé un testament en faveur de son seul époux.

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