Delfraissy: l'aide à mourir reconnaît la capacité du patient à décider
Delfraissy: l'aide à mourir reconnaît la capacité du patient

Le professeur Jean-François Delfraissy, président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), a défendu le projet de loi sur l'aide à mourir dans un entretien publié par Libération le 16 juillet 2026. Selon lui, ce texte « reconnaît au patient une capacité à décider pour lui-même », une avancée majeure dans le débat sur la fin de vie.

Un projet de loi qui place le patient au centre

Delfraissy a souligné que le projet de loi, actuellement en discussion au Parlement, repose sur l'autonomie du patient. « Il s'agit de donner à la personne qui souffre d'une maladie grave et incurable la possibilité de choisir sa fin de vie », a-t-il expliqué. Le texte prévoit un cadre strict, avec des conditions précises : la personne doit être majeure, capable de discernement, et atteinte d'une affection grave et incurable en phase avancée ou terminale.

Le professeur a également insisté sur le rôle des médecins, qui devront vérifier le respect de ces conditions et accompagner le patient. « Ce n'est pas une décision prise à la légère, mais un processus médical et éthique », a-t-il ajouté.

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Une évolution éthique majeure

Pour Delfraissy, ce projet marque une rupture avec la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui interdisait l'euthanasie active. « On passe d'une logique de protection du patient à une logique de respect de sa volonté », a-t-il analysé. Il a rappelé que le CCNE avait rendu un avis favorable à une évolution de la loi en 2022, après une large consultation citoyenne.

Selon un sondage Ifop réalisé en 2025, 89 % des Français se disent favorables à l'aide active à mourir. Delfraissy a estimé que ce consensus social justifie l'action du législateur. « La société est prête, il faut maintenant que la loi suive », a-t-il déclaré.

Des garde-fous indispensables

Le projet de loi prévoit plusieurs garde-fous pour éviter les dérives. La demande doit être formulée par écrit, renouvelée après un délai de réflexion, et examinée par un collège de médecins. En outre, une clause de conscience est garantie pour les soignants qui refuseraient de participer.

Delfraissy a reconnu que des inquiétudes persistent, notamment sur le risque de pression sur les personnes vulnérables. « Mais le dispositif est conçu pour les protéger, avec un contrôle rigoureux », a-t-il assuré. Il a également évoqué le rôle des proches, qui doivent être associés à la démarche sans que leur avis ne soit prépondérant.

Un débat parlementaire sous tension

Le projet de loi, porté par le gouvernement, doit être examiné en séance publique à l'Assemblée nationale à l'automne. Les oppositions, tant à droite qu'à gauche, sont vives. Plusieurs associations de soins palliatifs dénoncent un « passage à l'acte » qui pourrait fragiliser l'accompagnement des malades.

Delfraissy a appelé à un débat apaisé, fondé sur des arguments éthiques et non idéologiques. « Il ne s'agit pas de promouvoir la mort, mais de répondre à une demande de liberté », a-t-il conclu.

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