Dax : Trois ans de prison pour agression sexuelle sur un enfant de 4 ans, l'oncle nie les faits
Dax : 3 ans de prison pour agression sur enfant de 4 ans

Dax : Trois ans de prison pour agression sexuelle sur un enfant de 4 ans

Ce jeudi 5 mars, le tribunal correctionnel de Dax a condamné un homme de 23 ans à trois ans de prison, dont trente mois assortis d'un sursis probatoire de deux ans, pour agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans. Le prévenu est accusé d'avoir, les 24 juin et 1er juillet 2023, touché le sexe et effectué des gestes de nature masturbatoire sur son neveu, âgé de seulement 4 ans au moment des faits.

Un silence éloquent à la barre

À l'audience, le jeune homme, cheveux bruns, chemise blanche et pantalon noir, s'est muré dans le silence à de multiples reprises. Interrogé par les magistrats, il se contentait de répéter « Je ne sais pas », peinant à apporter des réponses aux questions du tribunal. « Pourquoi ne répondez-vous pas lorsque les questions vous dérangent ? », lui a demandé l'un des assesseurs, sans obtenir de réponse satisfaisante.

Le prévenu a maintenu sa version des faits tout au long de la procédure : « Je n'ai rien fait de tout ça ». Pendant plus d'une heure, la présidente du tribunal, Laure Vuitton, a tenté de comprendre ce qu'il s'était réellement passé ces deux jours, en vain. Le représentant du ministère public, Pierrick Alain, a souligné les contradictions dans ses déclarations : « Pourquoi avez-vous menti aux policiers et au juge d'instruction ? ».

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Le traumatisme révélé par le changement de comportement

L'affaire a éclaté lorsque les parents, confrontés à un problème de garde, ont confié leur enfant à son oncle. À son retour du travail, la mère a immédiatement constaté un changement radical de comportement chez son fils, habituellement décrit comme « une pile électrique » mais devenu soudainement très peu loquace.

L'enfant s'est plaint de douleurs aux testicules et a résisté pendant de longues minutes avant d'accepter d'être examiné par un médecin. La semaine suivante, son comportement a totalement changé : il pleurait et refusait catégoriquement de retourner chez son oncle le 1er juillet.

C'est finalement le 2 juillet que l'enfant a révélé les faits, évoquant d'abord « le monstre des guilis » avant de parler clairement d'attouchements sur son sexe et ses fesses de la part de son oncle. Il a répété la même version à son père, frère du prévenu, lui confiant « Tonton bobo ».

Un contexte familial déjà tendu

Les deux frères n'étaient plus en contact depuis longtemps en raison de la consommation d'alcool et des problèmes d'hygiène du prévenu. Le père de l'enfant avait même surpris son frère en train de se masturber dans la chambre de son fils, un incident qui avait déjà créé des tensions familiales.

Dans le cadre de l'information judiciaire, les proches du jeune homme l'ont décrit comme « immature et irresponsable ». Durant son enfance, il a été victime du syndrome du bébé secoué, sans en garder de séquelles apparentes. Il est en rupture avec une partie de sa famille et a été placé sous curatelle renforcée après les faits.

La souffrance des parents et l'expertise psychiatrique

Visiblement émue, la mère de l'enfant s'est emportée face au prévenu qui refusait selon elle « d'assumer » ses actes : « Mon enfant a changé du jour au lendemain. Ce n'est plus la même personne. J'en viens à culpabiliser d'avoir travaillé ces jours-là ».

L'expertise psychiatrique réalisée lors de la garde à vue a constaté chez le prévenu une « impulsivité et une intolérance à la frustration », tout en soulignant qu'il ne présentait pas de troubles psychiques « ayant aboli son discernement » le jour des faits.

Les arguments des parties civiles et de la défense

Pour les parties civiles, Me Chimits a insisté sur la cohérence du témoignage de l'enfant, qui a maintenu la même version des faits devant son père, sa mère et les enquêteurs. Elle a également rappelé la déclaration du père affirmant que son frère mentirait « même s'il était pris la main dans le sac ».

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Le représentant du ministère public a qualifié la défense du prévenu de « maladroite » et a souligné son comportement « étonnant » à l'audience, tout en insistant sur « l'innocence souillée » de l'enfant. Il a rappelé qu'il existait dans ce dossier « un ensemble de faisceaux concordants » permettant d'entrer en voie de condamnation.

Me Rocher, l'avocate de la défense, a pour sa part plaidé la relaxe, estimant que le dossier ne comportait « pas d'éléments justifiant des preuves ». Elle a rappelé que son client présentait des « capacités cognitives » inférieures à la normale, ce qui pouvait expliquer certaines de ses réactions.

La décision du tribunal

Malgré les arguments de la défense, le tribunal correctionnel de Dax a finalement condamné le prévenu à trois ans de prison. La peine ferme pourra être aménagée sous la forme d'une détention à domicile sous surveillance électronique, mais la condamnation marque la reconnaissance judiciaire des faits dénoncés par l'enfant et sa famille.

Cette affaire met en lumière les difficultés rencontrées par les victimes mineures dans les procédures judiciaires, ainsi que l'importance des changements de comportement comme indicateurs de traumatismes subis par les enfants.