L'avocat du père de Gaëtan, ce jeune Varois grièvement brûlé dans l'incendie d'un bar de nuit dans la station de ski suisse de Crans-Montana, se joint aux démarches qui visent à obtenir « une aggravation de l'inculpation du couple Moretti », a-t-il annoncé ce jeudi à Var-Matin. Jacques et Jessica Moretti sont notamment poursuivis pour « homicides et blessures par négligence » après l'incendie qui a éclaté dans la nuit du Nouvel An, faisant 41 morts et 115 blessés, parmi lesquels le barman originaire du Var.
Des preuves accablantes
Selon Me Jean-Claude Guidicelli, « des échanges de messages avec les employés démontrent que les tenanciers étaient parfaitement conscients du danger que faisait courir la mousse acoustique hautement inflammable » qui tapissait le plafond de l'établissement. Il précise : « Un texto de Jessica Moretti qui était adressé à Gaëtan et aux autres subordonnés leur rappelait qu'effectivement, il fallait être vigilant en ce qui concerne ces mousses susceptibles de mettre le feu à l'établissement. »
Des consignes qui ont coûté la vie
Me Guidicelli évoque également une consigne écrite de Jacques Moretti qui « exigeait de son personnel que les portes de service et de secours soient verrouillées pour qu'il n'y ait pas de resquilleurs ». « La condamnation des portes en question, dans un esprit de lucre, a entraîné une condamnation à mort de tous ces jeunes gens pris au piège dans ce bar », enfonce le pénaliste.
Vers une qualification plus grave
Fort de ces éléments, mais aussi après une confrontation organisée ces derniers jours, les parties civiles entendent obtenir des poursuites non plus pour « homicides par négligence » mais pour « meurtres par dol ». Cette infraction prévue par le droit suisse consiste pour leurs auteurs à s'accommoder d'une situation où il existe un risque de provoquer la mort.
Rappelons que l'incendie du bar Constellation a eu lieu le 1er janvier 2026, provoquant une tragédie qui a endeuillé de nombreuses familles, dont celle de Gaëtan, un barman varois qui a survécu mais avec de graves brûlures. La procédure judiciaire se poursuit, et les avocats des parties civiles espèrent que ces nouvelles révélations permettront de faire évoluer les charges retenues contre les gérants.



