Un jeune homme condamné pour agressions sexuelles sur des camarades en formation de gendarmerie
Ce lundi 23 mars, le tribunal correctionnel de Périgueux a rendu son verdict dans une affaire d'agressions sexuelles survenues au sein d'une formation de gendarmes adjoints volontaires. Un homme de 21 ans a été reconnu coupable d'avoir touché les fesses de trois de ses camarades féminines pendant leur entraînement au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier, en Dordogne.
Cinq agressions entre décembre 2024 et janvier 2025
Les faits se sont déroulés entre décembre 2024 et janvier 2025, alors que tous les protagonistes suivaient la même formation militaire. Le prévenu a été jugé pour cinq agressions sexuelles distinctes, toutes caractérisées par des attouchements sur les fesses de ses collègues féminines.
Selon les témoignages recueillis lors de l'audience, le jeune homme agissait systématiquement de la même manière : il profitait de moments d'attente en rang pour caresser les fesses de ses victimes, tout en prétendant ensuite à la maladresse ou à l'inattention. La première agression s'est produite dans la file d'attente d'un repas, ce qui lui a valu un rappel à l'ordre de sa hiérarchie. Malgré cet avertissement, il a récidivé un mois plus tard sur la même personne.
Trois victimes et des réactions contrastées
Entre-temps, il a reproduit son geste sur une deuxième camarade, cette fois dans la file d'attente d'un stand de tir. Cette victime a immédiatement exprimé son indignation, déclarant que "dans le civil, elle l'aurait giflé", mais qu'elle souhaitait éviter des procédures dans le cadre de sa formation militaire. Cinq minutes seulement après cette altercation, une nouvelle agression similaire a eu lieu.
C'est finalement une troisième victime qui a permis de libérer la parole des deux précédentes, après avoir subi des attouchements dans des conditions identiques. Face à ces accusations, le prévenu s'est défendu timidement à la barre, affirmant : "Je n'ai pas forcément souvenir d'être sûr que ça soit les fesses". Son avocat a plaidé la maladresse et demandé la relaxe.
Une condamnation ferme du tribunal
L'avocat des parties civiles, Me Reda Hammouche, a quant à lui fermement contesté cette version des faits, soulignant : "Cinq agressions sur trois personnes différentes, il n'y a pas de questions à se poser". Le tribunal a finalement suivi cette argumentation et condamné le jeune homme, aujourd'hui chauffeur de bus et éloigné des services de gendarmerie.
La peine prononcée comprend :
- Six mois de prison avec sursis
- Une peine d'inéligibilité de deux ans
- Le versement de 1 300 euros à deux des victimes qui s'étaient constituées parties civiles
Cette affaire met en lumière les difficultés rencontrées par les victimes d'agressions sexuelles dans des contextes militaires ou de formation, où la pression hiérarchique et la crainte des procédures peuvent entraver la libération de la parole.



