Claire Hédon : six ans de mandat, entre effroi et transformation
Claire Hédon : six ans de mandat, entre effroi et transformation

À quelques jours de son départ, la Défenseure des droits Claire Hédon a livré un témoignage rare sur son mandat de six ans. Dans un entretien accordé à Libération, elle confie avoir été « effrayée » mais aussi « transformée » par cette expérience. Un bilan contrasté qui met en lumière les défis rencontrés par l'institution indépendante.

Un mandat marqué par les crises

Élue en 2020, Claire Hédon a dû faire face à une succession de crises : la pandémie de Covid-19, les violences policières, les réformes des retraites ou encore la gestion des migrants. « J'ai été effrayée par l'ampleur des atteintes aux droits », a-t-elle déclaré. Selon elle, « la période a été particulièrement dure pour les plus vulnérables ».

Son mandat a vu une augmentation des saisines : plus de 100 000 réclamations ont été reçues chaque année, contre 80 000 auparavant. Un chiffre qui témoigne d'une « prise de conscience des citoyens », selon Hédon.

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Des avancées malgré les obstacles

Malgré les difficultés, la Défenseure des droits se félicite de plusieurs avancées. Elle cite notamment la création d'un pôle dédié aux droits des enfants, la lutte contre les discriminations et le renforcement des pouvoirs de l'institution. « Nous avons obtenu que les contrôles au faciès soient mieux documentés », a-t-elle souligné.

Elle évoque également le travail sur les droits des personnes handicapées, avec la mise en place de « recommandations contraignantes » pour les administrations. « C'est une transformation profonde de notre approche », a-t-elle ajouté.

Un héritage à préserver

Claire Hédon insiste sur la nécessité de préserver l'indépendance de l'institution. « Le Défenseur des droits doit rester une voix libre, sans pression politique », a-t-elle averti. Elle appelle le prochain titulaire à « poursuivre le combat pour l'égalité et la justice ».

Son successeur, qui sera nommé prochainement, hérite d'une institution « plus visible mais aussi plus exposée », selon Hédon. « J'espère qu'il ou elle saura garder le cap », a-t-elle conclu.

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