Alors que la France subit une nouvelle vague de chaleur, des experts pointent du doigt l'insuffisance de la simple gestion de crise face aux canicules. Selon un collectif de scientifiques et de professionnels de santé, il est urgent de passer à une véritable politique d'adaptation au changement climatique, nécessitant du courage politique.
Des mesures d'urgence insuffisantes
Les mesures actuelles, comme l'ouverture de salles climatisées ou les appels à la vigilance, sont jugées nécessaires mais insuffisantes. « La gestion de crise, c'est bien, mais le courage politique, c'est mieux », déclare le Dr. Jean-Michel Lecerf, chef du service nutrition à l'Institut Pasteur de Lille. Il rappelle que les canicules deviennent plus fréquentes et intenses, et que les solutions temporaires ne répondent pas aux enjeux de fond.
Des recommandations pour une adaptation durable
Le collectif propose plusieurs pistes : végétalisation massive des villes, isolation des bâtiments, création de zones d'ombre et de points d'eau, mais aussi une révision des horaires de travail et de l'organisation scolaire. « Il faut repenser notre urbanisme et notre mode de vie », insiste Claire Sarrasin, chercheuse en climatologie à Météo-France. Selon elle, les canicules de 2003 et 2019 ont montré les limites des dispositifs d'urgence.
Un appel aux élus et au gouvernement
Les signataires interpellent directement les pouvoirs publics. « Nous avons besoin d'un plan national d'adaptation ambitieux, avec des objectifs chiffrés et des moyens financiers à la hauteur », écrit le collectif dans une tribune publiée par Libération. Ils estiment que le coût de l'inaction sera bien plus élevé que celui des investissements nécessaires. En France, la canicule de 2003 a causé près de 15 000 décès, un chiffre qui pourrait être dépassé si aucune mesure structurelle n'est prise.
Une question de volonté politique
Pour les experts, le problème est avant tout politique. « Les solutions existent, mais elles demandent du courage pour bousculer les intérêts établis », affirme le Dr. Lecerf. Il cite l'exemple de la climatisation, qui aggrave le phénomène d'îlot de chaleur urbain et consomme de l'énergie. « Il faut sortir de la logique du tout-climatisation et miser sur des solutions passives », ajoute-t-il. Le collectif appelle également à une meilleure information du public et à une préparation dès l'école.
Vers une mobilisation citoyenne
Au-delà des décisions politiques, les citoyens sont invités à se mobiliser. Des initiatives locales, comme la création de « cours oasis » dans les écoles ou la plantation d'arbres en ville, sont encouragées. « Chacun peut agir à son échelle, mais cela ne remplace pas une action publique forte », tempère Claire Sarrasin. La canicule actuelle, qui touche une grande partie du pays, rappelle l'urgence d'agir.



