Marie Lajus : « Et si l’on parlait enfin de l’institution policière ? »
Et si l’on parlait enfin de l’institution policière ?

Dans une tribune publiée par Libération, la magistrate Marie Lajus, ancienne directrice de cabinet du préfet de police de Paris, interpelle sur la nécessité de réformer en profondeur l’institution policière française. Elle estime que les débats sur la sécurité se limitent trop souvent à des questions de moyens ou de recrutement, sans jamais interroger la nature même de l’organisation policière.

Une institution « autoritaire et opaque »

Marie Lajus critique le fonctionnement « autoritaire et opaque » de la police, qu’elle juge « peu perméable au contrôle démocratique ». Selon elle, cette culture institutionnelle favorise les dérives, comme l’a montré l’affaire des violences lors de la manifestation du 1er mai 2023. « La police a besoin d’une véritable réforme, pas seulement d’ajustements », écrit-elle.

Un manque de transparence et de responsabilité

La magistrate pointe du doigt le manque de transparence dans les enquêtes internes et la faiblesse des sanctions disciplinaires. « Selon les chiffres de l’IGPN, seules 2 % des plaintes pour violences policières aboutissent à une condamnation », rappelle-t-elle. Elle plaide pour la création d’une instance indépendante de contrôle, dotée de pouvoirs d’investigation réels.

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Une culture de l’impunité

Marie Lajus dénonce également une « culture de l’impunité » qui règnerait au sein de la police. Elle cite l’exemple de la « loi d’amnistie » pour les forces de l’ordre lors des émeutes, qui selon elle, « envoie un signal désastreux ». Elle appelle à un changement de paradigme : « Il faut passer d’une logique de protection des institutions à une logique de protection des citoyens. »

Des propositions concrètes

Parmi ses propositions, la magistrate suggère la fin du maintien de l’ordre « au contact », jugé trop violent, et la mise en place d’une formation initiale et continue axée sur la déontologie et les droits humains. Elle recommande aussi une révision des critères de promotion, pour valoriser les comportements exemplaires plutôt que le nombre d’interpellations.

Un appel à un débat public

« Il est temps d’ouvrir un vrai débat sur la police, sans tabou », conclut Marie Lajus. Elle espère que sa tribune contribuera à briser le silence autour de ces questions, essentielles pour la démocratie.

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