Ukraine : commandant suspendu après des soupçons de violences
Ukraine : commandant suspendu pour soupçons de violences

Le commandant d'un régiment d'assaut ukrainien a été suspendu de ses fonctions, a annoncé Kiev ce jeudi 25 juin, après la publication d'une enquête journalistique faisant état de mauvais traitements et de morts suspectes au sein de cette unité. Le service de communication de l'armée ukrainienne a précisé dans un communiqué : "Depuis le 24 juin, le commandant du régiment a été suspendu de ses fonctions pour la durée des vérifications et des enquêtes." Il a ajouté : "Si des infractions pénales mentionnées dans les publications sont confirmées, les responsables devront en répondre conformément à la loi."

Les faits reprochés au lieutenant-colonel Iouriï Garvaky

Le militaire concerné est le lieutenant-colonel Iouriï Garvaky, à la tête du 425e régiment d'assaut "Skelia". Le 23 juin, le média ukrainien Babel a publié une enquête affirmant que des cas présumés de tortures et de mauvais traitements avaient été commis contre des militaires servant dans cette unité. Ces investigations, qui s'appuient sur une trentaine de sources, dont des proches de militaires ayant servi ou servant toujours dans le régiment, signalent également 26 morts suspectes au cours des six derniers mois, pendant l'entraînement au sein de ce régiment.

Réactions des autorités et du régiment

Après ces accusations, le Bureau d'État des enquêtes, un important organe judiciaire ukrainien, a annoncé ce mercredi qu'il allait vérifier "l'exactitude" des faits évoqués. Dans un communiqué diffusé le même jour, le régiment a fait savoir que l'enquête du média Babel soulevait des "questions sérieuses" requérant des "vérifications". L'unité a également soutenu que parmi les 26 décès mentionnés dans l'article, 18 ont eu lieu à l'hôpital ou en chemin vers l'hôpital et a affirmé qu'ils étaient liés "à des maladies ou au mauvais état de santé" de mobilisés.

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Contexte de la mobilisation en Ukraine

Après quatre années d'une guerre qui a fait des dizaines, voire des centaines, de milliers de morts, les forces ukrainiennes peinent à recruter de nouveaux soldats et tentent de se réformer pour pallier le manque d'effectifs. Lorsque la Russie a déclenché son attaque à grande échelle en février 2022, des volontaires se bousculaient devant les bureaux de recrutement. Aujourd'hui, la quasi-totalité des nouvelles recrues sont des mobilisés. Cette mobilisation suscite des controverses et fait l'objet d'accusations d'injustice, de corruption mais aussi de violence. Des centaines de cas d'arrestations brutales par des recruteurs militaires ont été documentées. Depuis septembre 2023, au moins 30 hommes sont morts peu après avoir été mobilisés, selon un décompte de l'AFP établi début juin à partir de communiqués officiels.

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