Carlos, condamné à perpétuité et atteint d'Alzheimer, demande sa libération
Carlos atteint d'Alzheimer demande sa libération

L'avocat d'Ilich Ramírez Sánchez, connu sous le nom de Carlos, a déposé une requête devant la chambre de l'application des peines de la cour d'appel de Paris afin d'obtenir sa remise en liberté. L'ancien terroriste, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2017 pour plusieurs attentats commis dans les années 1970 et 1980, est aujourd'hui âgé de 74 ans et souffre de la maladie d'Alzheimer à un stade avancé, selon son conseil.

Un état de santé dégradé

Diagnostiqué en 2023, Carlos présente des troubles cognitifs sévères qui nécessitent une prise en charge médicale constante. Selon son avocat, il ne reconnaît plus ses proches et ne peut plus participer à sa défense. L'administration pénitentiaire a mis en place un suivi adapté, mais la défense estime que la détention aggrave sa maladie. Cette demande de libération intervient alors que l'état de santé de Carlos s'est considérablement dégradé ces derniers mois, le rendant, selon son avocat, « inoffensif ».

Un lourd passif terroriste

Carlos, de son vrai nom Ilich Ramírez Sánchez, est l'un des terroristes les plus célèbres de la fin du XXe siècle. Il a été condamné en 2017 pour l'attentat du drugstore Publicis à Paris en 1974 (2 morts, 34 blessés), ainsi que pour deux attentats à la bombe en 1982 et 1983. Il purgeait déjà une peine de réclusion à perpétuité depuis 1997 pour le meurtre de deux policiers français. Au total, il a passé près de 50 ans en détention, dont 31 années depuis son arrestation en 1994.

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Les fondements juridiques de la demande

La défense invoque l'article 720-1-1 du code de procédure pénale, qui permet une libération pour raison médicale grave si la poursuite de la détention est incompatible avec l'état de santé et si le détenu ne présente plus de risque pour l'ordre public. L'avocat argue que la maladie d'Alzheimer a rendu Carlos inoffensif et que son maintien en prison ne se justifie plus. De son côté, l'accusation conteste que la dangerosité terroriste puisse être éteinte par la maladie, citant des précédents où des détenus âgés ont conservé leur capacité de nuire par idéologie. Le parquet de Paris a émis un avis défavorable à cette demande.

Une décision attendue sous tension

La chambre de l'application des peines doit se prononcer d'ici la fin du mois de septembre. En attendant, Carlos reste incarcéré à la maison d'arrêt de la Santé à Paris. Plusieurs associations de victimes se sont opposées à cette remise en liberté, rappelant la gravité des actes commis. Cette affaire relance le débat sur la détention des prisonniers âgés et malades, en particulier ceux condamnés pour terrorisme. Selon une source proche du dossier, la décision pourrait faire jurisprudence.

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