Béziers : une prévenue filme l'audience pour les réseaux sociaux, son téléphone confisqué
Béziers : une prévenue filme l'audience, téléphone confisqué

Une prévenue filme l'audience du tribunal de Béziers pour les réseaux sociaux

Ce jeudi 19 mars, une scène pour le moins inhabituelle s'est déroulée au tribunal de Béziers, dans l'Hérault. Une femme, qui devait être jugée pour des faits de cleptomanie, a été surprise en train de filmer la salle d'audience avec son téléphone portable, malgré les interdictions formelles rappelées systématiquement par l'huissier.

« Je ne voulais pas faire du mal, juste montrer où j'étais »

L'huissier, chargé de la police d'audience, a d'abord aperçu la prévenue avec son téléphone à la main. Interpellée, elle a affirmé qu'elle ne filmait pas, mais qu'elle vérifiait simplement son maquillage. Cependant, peu après, l'huissier l'a de nouveau surprise en train de filmer et l'a conduite dans la salle des pas perdus pour examiner les images.

La surprise a été totale : « Elle a pris la salle en vidéo », a expliqué l'huissier au procureur de la République. Confrontée, la mise en cause s'est justifiée en déclarant : « Non, je ne voulais pas faire du mal, juste filmer pour montrer aux gens où j'étais et comment cela se passait. Rien de plus. »

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Confiscation immédiate du téléphone

Face à cette violation flagrante des règles, le procureur de la République, en concertation avec la présidente de l'audience, a pris une décision immédiate : la confiscation du téléphone. « On n'a pas le droit de filmer les débats. Vous perdez votre téléphone », a-t-il annoncé, sans possibilité de discussion.

Un brin vexée, la prévenue a regagné les bancs de la salle d'audience pour attendre que son dossier soit abordé. Elle devait répondre du vol d'une trottinette électrique avec un complice, un tout jeune retraité qui, selon les éléments du procès, se serait laissé influencer par cette nouvelle amie. La prévenue, une quinquagénaire, afficherait plus de dix condamnations à son actif.

Renvoi de l'affaire et problèmes psychologiques

L'avocate du prévenu, Me Cécile Nébot, a demandé un renvoi de l'affaire et une expertise psychologique pour son client, qu'elle présente comme « un complice de circonstance » ayant simplement « fait une mauvaise rencontre ». De son côté, l'avocate de la prévenue, Me Clémence Rougeot, a insisté sur les lourds problèmes psychologiques de sa cliente, affirmant : « Elle a plus besoin de soins que de détention. Elle est très fragile. »

Le procureur avait requis le placement en détention provisoire pour s'assurer de sa représentation à l'audience, mais le tribunal a finalement décidé de placer les deux prévenus sous contrôle judiciaire jusqu'au procès, prévu le 30 avril. Il leur est interdit de rentrer en contact l'un avec l'autre.

Une nouvelle affaire en perspective

Par ailleurs, la prévenue sera jugée le 25 mars dans le cadre d'une nouvelle affaire de vol dans un commerce de Béziers. Cet incident met en lumière les défis posés par l'usage des réseaux sociaux dans les enceintes judiciaires, où le respect des règles de confidentialité et de décence reste primordial.

Les audiences, rappelons-le, sont des moments solennels où la discrétion est de mise, tant pour protéger les droits des parties que pour garantir le bon déroulement des débats. La confiscation du téléphone sert ainsi de rappel à l'ordre face à des comportements inadaptés.

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