Patrick Balkany de retour devant la justice pour des affaires anciennes
L'ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, comparaît ce mardi devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour être jugé dans deux dossiers distincts de détournement de fonds publics. Ces affaires remontent à plus d'une décennie et concernent des faits présumés survenus entre 2010 et 2015.
L'affaire dite "des chauffeurs"
La première affaire, surnommée "l'affaire des chauffeurs", concerne l'utilisation présumée de policiers municipaux à des fins privées entre janvier 2010 et mai 2015. Patrick Balkany, alors maire de Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, aurait fait appel aux services d'agents municipaux pour des besoins personnels.
Un policier municipal aurait notamment été envoyé à la Villa Pamplemousse, propriété des Balkany située à Saint-Martin dans les Antilles, pour conduire l'édile sur son lieu de vacances. Cette destination se trouve à environ 6.770 kilomètres de la mairie de Levallois-Perret et est au cœur d'un autre dossier judiciaire concernant des fraudes fiscales et du blanchiment d'argent.
L'enquête préliminaire a été ouverte en mai 2012 suite au signalement de deux syndicats de policiers municipaux. La brigade de répression de la délinquance économique de la police judiciaire parisienne a été chargée de l'instruction, aboutissant à la mise en examen de Patrick Balkany en juillet 2020.
Le dossier de l'emploi fictif
La seconde affaire implique Renaud Guillot-Corail, ancien directeur du développement économique de Levallois-Perret, décédé en 2020. Ce dernier est soupçonné d'avoir bénéficié d'une rémunération dans le cadre d'un emploi fictif après avoir quitté son poste en 2012.
Selon les informations du Parisien, l'argent aurait été versé par le biais d'une association soutenue financièrement par Patrick Balkany, pour un montant total dépassant les 300.000 euros. La défense de l'ancien maire conteste fermement ces accusations et s'appuie sur l'ancienneté des faits ainsi que sur la durée exceptionnelle de l'enquête, qui s'étend sur plus de dix ans.
La position de la défense
Me Robin Binsard, l'avocat de Patrick Balkany, a déclaré à 20 Minutes : « Dans ces deux affaires anciennes de plus d'une décennie, je peux seulement vous indiquer que je solliciterai la relaxe de M. Patrick Balkany. Je réserve ma parole pour les magistrats ». La stratégie de la défense repose principalement sur la prescription et le délai excessif de l'instruction.
Contexte judiciaire récent
Cette nouvelle comparution intervient dans un contexte judiciaire chargé pour Patrick Balkany. Mi-janvier, le tribunal d'application des peines d'Évreux lui a accordé la libération conditionnelle pour les 18 mois de prison restant à purger suite à sa condamnation en 2023 pour plusieurs délits financiers. Le parquet a toutefois fait appel de cette décision.
Par ailleurs, l'ancien baron des Hauts-de-Seine a été déclaré inéligible par la cour d'appel de Paris en 2023, mais il reste très impliqué dans la vie politique locale malgré ses condamnations successives.
Ce procès marque une nouvelle étape dans le long parcours judiciaire de Patrick Balkany, qui aura enfin l'occasion de s'expliquer de vive voix devant les magistrats du tribunal de Nanterre, six ans après sa mise en examen dans ces dossiers.



