Le président syrien déchu Bachar al-Assad a été condamné à mort ce mardi 11 août par un tribunal de Damas, pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Le jugement, rendu par contumace, vise également son frère Maher et plusieurs autres anciens responsables du régime, dans les premières décisions judiciaires à l'encontre de l'ancien pouvoir.
Des condamnations pour crimes contre l'humanité
Devant le tribunal, le juge Fakhr al-Din al-Aryan a reconnu Bachar al-Assad coupable de « crimes contre l'humanité et de crimes de guerre », notamment pour « assassinat avec prédilection, meurtre intentionnel de plusieurs personnes, meurtre intentionnel d'enfants de moins de 15 ans, torture ayant entraîné la mort et privation de liberté ». Il a déclaré : « Il est donc condamné à mort. »
Le dirigeant déchu, qui s'est enfui à Moscou en décembre 2024, a été jugé en son absence. Les autorités de transition, qui l'ont renversé après 13 ans de guerre civile, se sont engagées à rendre justice pour les crimes commis sous son règne. En avril, la justice avait déjà engagé des poursuites contre lui et d'autres responsables.
Plusieurs anciens responsables également condamnés
Le tribunal a aussi condamné à mort par contumace plusieurs anciens responsables militaires et des services de sécurité, dont Maher al-Assad, frère de Bachar, qui dirigeait la 4e division d'élite de l'armée et a également fui le pays. L'ancien ministre de la Défense Fahd al-Freij et Louay al-Ali, ancien chef des renseignements militaires dans la province de Deraa, figurent parmi les condamnés. Ils ont été reconnus coupables de « meurtre, torture ayant entraîné la mort et privation répétée de liberté », qualifiés de crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
Seul accusé présent à l'audience, Atef Najib, ancien chef de la sécurité politique à Deraa, a également été condamné à mort pour crimes contre l'humanité. C'est dans cette ville qu'a débuté le soulèvement en mars 2011, après l'arrestation de 15 étudiants accusés d'avoir écrit des slogans antigouvernementaux. Selon des habitants, ces étudiants auraient été torturés, déclenchant une manifestation réprimée dans le sang.
Un bilan humain dramatique
La guerre civile syrienne, déclenchée par la répression des manifestations prodémocratie dans le sillage des « Printemps arabes », a fait plus d'un demi-million de morts et des millions de déplacés. Des dizaines de milliers de personnes ont disparu, dont beaucoup ont été victimes des exactions dans les geôles du pouvoir.
La chute de Bachar al-Assad, qui avait succédé à son père Hafez en 2000, a mis fin à plus d'un demi-siècle de règne sans partage de son clan familial. Les ONG et gouvernements étrangers ont souligné l'importance de la justice transitionnelle pour l'avenir du pays.



