Ce lundi midi, une quarantaine d'avocats se sont rassemblés sur les marches du palais de justice de Toulon, à l'appel du Conseil national des barreaux, pour protester contre le projet de loi « relatif à la justice criminelle et au respect des victimes ». Ce texte, examiné à l'Assemblée nationale à partir de mardi après-midi, est combattu par la profession depuis trois mois.
Un « sprint final » contre le texte
Me Olivier Avramo, bâtonnier de l'ordre de Toulon, a qualifié cette mobilisation de « sprint final » avant le débat parlementaire. Le gouvernement présente ce projet comme un moyen de désengorger les tribunaux, mais les avocats y voient une menace pour les droits de la défense. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a déjà renoncé à la mesure phare du « plaider-coupable criminel », mais cette concession est jugée insuffisante.
« L'humain sacrifié à la statistique »
Dans une motion lue par Me Julie Archippe, vice-bâtonnier, la profession dénonce « une justice de flux qui sacrifie l'humain à la statistique », « une complexification du parcours des victimes » et des atteintes aux libertés, comme des « délais piégeux » et un « accès élargi aux fichiers ». Me Avramo a déclaré : « Nous sommes des hommes et des femmes de devoir et notre devoir, c'est de s'insurger contre ce qui est injuste. »
Mobilisation nationale
Des rassemblements similaires ont eu lieu dans toute la France. Les avocats attendent désormais la position des députés. Le texte, s'il est adopté, modifierait en profondeur la procédure pénale, selon ses opposants.



